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Le rien, anagramme d'Irène. Le rien, d'où sortent ces bretons rouges, républicains ou noirs, protestants. Donc mal vus dans cette Bretagne des années cinquante catholique et presque encore royale et rejetés sur une terre surtout riche de pierres. Des hommes et des femmes à l'image de ce pays de misère où tous les mythes, légendes, croyances armoricaines ou chrétiennes restent très vivace.

Un jeune adolescent loué par sa mère omnipotente mais adulée après le certificat d'étude à un fermier sans pitié. Et qui finalement s'enfuit pour aller faire le maçon

Une fille, sa fille, qui, grâce à une petite valise va commencer son chemin initiatique à la recherche de ses racines, à la recherche de ce rien dont elle est issue, sur les traces de son père qui a lui a laissé des indices comme autant de cailloux du Petit Poucet mais aussi pas mal de zones d'ombre. Un père qui ne plie pas, ne transige jamais pour sauver le seul bien qu'il possède, sa dignité.

Un roman auto biographique qui pose l'angoissante question des origines pour qui n'en a pas. Ou ne s'en connait pas. Autour du mystère de sa naissance et de son prénom, des relation mère / enfant, le père et la grand mère, elle et sa mère, elle et son père, de tous les non dits, de tous les secrtes de famille.

Sortie de rien ? Oui, mais avec quel patrimoine génétique !

Chronique familiale, document sur cette Bretagne à peine sortie des siècles passés, bel hommage au père qu'elle veut exceptionnel, la mère n'existe que très peu, à tous ces miséreux qui s'obstinent envers et contre tout à garder la tête haute. Presque une enquête policière.

N'en déplaise aux intellos germano-pratins, c'est agréable à lire, le style est clair, simple, fluide. Émouvant aussi tant l'auteur éprouve sans s'en cacher de tendresse pour son pays, son peuple et son père.

Cette lecture me fut un plaisir sans partage.