Blog méandres

23 juin 2017

JOHN IRVING / AVENUE DES MYSTÈRES

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Irving est revenu dans ma bibliothèque avec un nouveau livre. Il y avait longtemps qu'il ne s'y était pas invité. Aucun regret de l'avoir laissé s'installer et me squatter la cervelle de la fin de soirée au petit déjeuner et inversement.

Là, je n'ai pas reconnu le Irving que j'ai beaucoup fréquenté. D'abord l'intrigue ne commence pas aux États Unis, au bord d'une rivière, dans l'omniprésence de la forêt. Tous les thèmeshabituekls chez Irving sont absents. Il y a des chiens, des lions, mais pas d'ours !

Juan Diego a deux vies.

La première, dans une décharge publique, un orphelinat catho et un cirque mieux au Mexique, avec une sœur télépathe qui souffre visiblement d'un trouble envahissant du développement et qui parle un sabir qu'il est le seul à comprendre, une mère femme de ménage le jour et pute la nuit, un père adoptif énigmatique, des jésuites dont un séminariste qui renonce à ses voeux pour vivre avec une transsexuelle tapineuse.

Adopté par ce couple improbable mais parents parfaits qui, pour le sortir de la décharge, l’emmènent aux États Unis où il fera des études littéraires et deviendra un romancier connu et vivant tant bien que mal entre viagra pour le sexe et bêtabloquants pour le cœur.

Ce n'est déjà pas banal.

Au cours d'un voyage aux Philippines, mis au point par un ancien étudiant, accompagné malgré lui par une mère et sa fille pour le moins surprenantes dans leur rivalité / complicité, son passé revient le hanter.

Et là, alors là, une avenue des mystères ? Non, une avalanche, un déluge de mystères. Je me suis trouvé par ce bouquin comme au milieu d'une tornade.

Où est le réel et l'onirique dans cette gigantesque fable où les chiens volent, deux vierges pleurent et se font une guerre impitoyable pas dévots interposés, où la mort est une compagne de route, elle envoie ses anges auprès de vivants ?

J'ai eu souvent eu le sentiment que le héros sombrait dans le délire et l'hallucinatoire. Mais qu'est-ce que j'en sais ? Je n'ai pas réussi à démêler cet infernal écheveau. C'est impossible et c'est tant mieux.

Il serait toute de même dommage, en cherchant à dissiper tous les mystères de cette avenue, de vouloir brider l'imagination d'un Irving en pleine forme !

Laissons-nous aller le long de cette avenue où l'on rencontrera de bien curieux personnages, où l'on sera témoin d'événements inexplicables.

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22 juin 2017

CAPITULATION

suicide

 

 Le temps

 

le temps de fumer une cigarette en allant faire un tour du côté de sa mémoire, avec ses spectres en poche, pour n'être plus là jusqu'à la chute finale

 

inévitable

 

quand on est brisé du cœur.

 

Et puis revenir chez soi, cet inconnu qui vous saute à la gorge, dans cet entre enfer et lumière peuplé des femmes que l'on aimées, cru aimer ou fait semblant d'aimer.

 

Des hommes que l'on a désirés.

 

Et des chiens que l'on a caressés.

 

Alors, dans le noir de l'intérieur, on découd l'une après l'autre toutes les cicatrices comme on se masturberait pour éteindre un bruit

 

un bruit dans le crâne et qui vous fracasse.

 

On s'allonge.

 

A l'envers les pieds au plafond et la tête dans l'autre moi qui, coincé entre le jour et la nuit, vire à l'aigre des couleurs où dérapent des lézards impuissants.

 

Lentement

 

soir après soir

 

on s'empoisonne de cette folie qui finira par vous crever comme une baudruche publicitaire.

 

Un jour, on ne sort plus de chez soi, même pas le temps d'une cigarette.

 

On attend que ça vienne, que ça arrive et qu'on en parle plus.

 

C'est donc très simple de mourir.

 

De folie.

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17 juin 2017

L'ERREUR FATALE

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Un homme, une femme, une erreur.

 

L'erreur du premier soir qui va trop vite, qui va trop loin.

 

Fatale.

 

Avec, sur le moment, pas la moindre gêne.

 

Et juste après un peu de honte. La honte de la stupidité accomplie qui vient de leur sauter à la figure.

 

Juste un peu de honte, de cette honte que l'on dissimule dans un vrai silence et sous un faux sourire, en partageant une cigarette dans le débraillé humide des draps. Une cigarette à deux, pour se donner l'illusion de l'intimité.

 

De cette honte qu'ils croient éphémère comme ma fumée d'une cigarette. Il suffira de vider le cendrier et il n'y aura plus de cendre au réveil.

 

Quand la même honte est bue à deux, dans le même verre, on croit, dans l'instant, que la potion passera. Que ça n'empêchera pas de respirer.

 

Mais au lever, gueule de bois.

 

La gueule de bois des regrets qui ne se disent pas et des lendemains de grand désastre. Des matins de catastrophe.

 

La lucidité dans le brouillard.

 

Il n'y aura jamais d'oubli.

 

Pas de pardon

 

pour avoir saborder un passé lumineux qui aurait pu être, dans le futur.

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16 juin 2017

DIEGO RIVERA

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15 juin 2017

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12 juin 2017

MARTIN WINCKLER / LE CHOEUR DES FEMMES

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Le livre commence très fort.

Une interne, brillantissime, la meilleure, constamment major de sa promo, ne manquant pas d'avoir la grosse tête, se destinant à la chirurgie réparatrice des organes sexuels, ce n'est pas banal, n'aimant rien de plus que de tenir un scalpel, se voit contrainte d'effectuer un stage de six mois dans un service de gynéco de seconde zone, à écouter les jérémiades et les plaintes de femmes qui veulent une contraception quelconque, ont des problèmes de règles et autres problèmes vraiment sans intérêt pour ce futur chirurgien de haut vol, le tout sous l'autorité du Dr Karma, à la réputation détestable. Mais les réputations à l'hôpital se font et se défont avec une déconcertante facilité, c'est bien connu. Dire qu'elle fait la tête est un doux euphémisme ! Elle va devoir faire un boulot indigne de sa valeur ! Quand je vous dis qu'en parfait médecin, elle a la grosse tête et se croit au dessus de tout et de tous...

Ceux qui connaissent le milieu hospitalier et ses coulisses vont hurler de rire. Les autres vont prendre peur. L'auteur, médecin, connaît lui aussi bien l'hôpital public et ses misères, le milieu médical et tous les coups tordus entre « chers » confrères. Sa description est donc parfaitement réaliste. Il sait de quoi il parle.

Ajoutez à cela des histoires de famille totalement tordues, son mec qui fiche le camp (il a ses raisons, elle est parfois vraiment trop chiante le Dr Artwood), la blessure secrète de Karma qui l'a empêché de devenir ce brillant chirurgien qu'il rêvait d'être, des histoires de femmes empreintes d'humanisme sans illusion sur la nature humaine, une malformation génitale pour le moins inattendue, vous avez là un cocktail explosif qui se lit d'un trait, qui vous fait rire, qui vous rassure comme il peut vous faire peur qui vous émeut presque jusqu'aux larmes.

C'est aussi un hymne à tous ces médecins qui se battent, contre tous les grands mandarins, phallocrates, conservateurs, obtus, obscurantistes, méprisants, accrochés à leur pourvoir et leur toute puissance, qui préfèrent laisser mourir les gens plutôt que de remettre en cause leur divinité médicale. Effrayant mais l'auteur n'invente rien.

Et elle va en apprendre le Dr Atwood, infiniment plus qu'elle ne pouvait imaginer.

Presque six cents pages qui vous prennent et qui ne vous lâchent pas jusqu'au point final qui est plutôt un point de multiples interrogations.

 

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10 juin 2017

UNE CHOSE ÉTRANGE

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Entre le désespoir insondable de venir au monde et l'indicible bonheur éprouvé dans la consolation de mourir un jour, la vie que l'on vous a donnée sans que vous l'ayez demandée, conséquence des aléas de la copulation, est une chose étrange.

 

Personne ne m'a posé la question.

 

Naitre ou ne pas naitre ?

 

Je ne suis pas venu au monde.

 

C'est aux forceps, sans me demander ce que j'en pensais, un jour de février en fin de matinée, qu'ils m'ont extraient du néant.

 

Il y avait là comme un abus de pouvoir.

 

Une escroquerie fondamentale.

 

Car les cartes que l'on m'avait attribuées étaient battues d'avance et mes dés pipés dès le départ.

 

Les jeux arbitraires et aléatoires des chromosomes.

 

Absurdes jeux de hasard.

 

Et des gens que je connaissais pas ont décrété que j'étais moi, avant que je sois réellement moi. Sans me demander quoi ou qui je voulais être. Voire si je ne voulais pas être du tout. Ils m'ont donné un prénom, un nom, une famille, un dieu, une table de la loi.

 

Ils m'ont même imposé une chose encore plus étrange, un sexe. Sans imaginer que j'en aurais peut être en vouloir un autre, voire ne pas vouloir de sexe du tout. Ce qui aurait été peut être confortable.

 

Mais je devais être apte à la reproduction.

 

A donner la vie, un soir d'amnésie par coït ininterrompu ; à quelqu'un qui ne m'avait rien demandé.

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08 juin 2017

YUVAL NOAH HARARI / SAPIENS

Sapiens

Sapiens, une brève histoire de l'humanité. Six espèces d'hominidés cohabitaient sur la terre il y a 100 000 ans. Une seule a survécu, Homo sapiens quand toutes autres disparaissaient.. Elle s'est répandue sur toute la planète, l'a très vite dominée, fondant des villages, des villes, des royaumes, des empires. Sa volonté de puissance, son appétit de domination semblent inextinguibles. Cette espèce particulière a créé la pensée, la religion, les mythes, la science, la politique, la loi, la nation, l'argent, les livres, l'autorité, l'obéissance, le besoin d'accumuler et de dépenser frénétiquement, etc...

L'auteur trace, dans un gros pavé agréable à lire, avec une érudition hors du commun, une audace qui ne semble pas redouter les foudres de la bien pensance, en maniant très subtilement la provocation, une brève histoire de l'humanité, du chasseur / cueilleur nomade à son descendant trader dans une place boursière quelconque.

Il y évoque aussi bien la rencontre avec Neandertal, la colonisation de l'Australie, la création du capitalisme, la naissance des religions, le bouleversement des équilibres écologiques, l'asservissement de la nature, les raisons du succès du libéralisme.

C'est un grand souffle d'air pur et d'érudition qui balaie nos connaissances et nos certitudes qui ne sont souvent que des croyances, qui explique très largement et simplement l'influence de cette histoire invraisemblable sur notre présent. C'est un regard anticonformiste sur notre société et nos histoires, sur notre devenir, une critique claire et nette de nos « c'étaient mieux avant, demain sera bien pire qu'aujourd'hui », de notre indécrottable rousseauisme. Et quoique pe puissent en penser tous les esprits chagrins nostalgiques de notre antique état de nature jamais l'humanité n'a vécu dans des conditions matérielles, de sécurité et de santé meilleurs qu'aujourd'hui.

Ce livre a sûrement fait sourciller voire plus, tous les vertueux amis de l'homme et des animaux réunis qui croient encore à la bonté naturelle de notre espèce et lui prévoit un avenir radieux. Ce qui ne l'a pas empêché du reste d'être un formidable et mérité, succès littéraire. Mais il leur serait bien difficile de remettre en cause les dire de Harari tant son propos est documenté et argumenté.

Ce livre lui a valu, entre autres, en 2012, le prix Polonsky pour la créativité et l’originalité des ouvrages de Sciences Humaines, Marck Zukerberg - fondateur de Facebook - le déclare livre de l'année en 2015. Publié en 30 langues, c'est incontestablement un best seller de l'année 2016.

J'ai lu, et il m'a tenu en haleine, comme un roman ce livre formidablement enrichissant et qui pousse sans que l'on puisse lui résister, sans s'en rendre compte à la réflexion. Je vais sans aucun doute le relire pour en extraire toute la substantifique moelle. Et j'encourage chacun à le lire.

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06 juin 2017

Christian Vancau

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Serge-Elie Aziza

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