Blog méandres

17 janvier 2020

QUARTIER DU PORT

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Je m'appelle Héléna.

J'ai vingt et ans.

 

Je vis sous les toits d'un vieil immeuble qui menace ruine, propriété d'un salopard de marchand de sommeil.

Appartement meublé avec vue sur la mer, aux portes du centre ville et à deux pas du port dans une résidence sécurisée. C'est à dire qu'il faudrait taper un code pour entrer si la porte fermait correctement.

Idéal pour étudiant(e) annonçait l'agence immobilière qui n'avait reculé devant rien pour louer son taudis.

 

Rue saint Firmin.

 

C'est à dire la rue la plus pourrie du quartier, celui du Port, le plus putréfié de cette ville de tarés.

Une rue où les poubelles dégueulent le long des caniveaux.

Une rue de chiens galeux et de chats miteux, grands chasseurs des rats pelés qui se dépêchent de sortir d'une bouche d'égout pour plonger dans une autre. Une rue où à chaque pas, on marche dans la merde et où l'on risque de glisser sur une capote vers l'eau portuaire et infecte.

Elle pue.

L'herbe, la merde, la pisse, le poisson pourri, l'eau mazoutée, le bois en décomposition, la mauvaise bière, le vomi et, devant la porte du porno, des vieux relents de masturbation. La frite froide et 'aussi.

Elle devrait s'appeler rue saint Merdique.

 

Tout en bas, à l'angle de la rue et du quai numéro trois, un terrain vague pompeusement baptisé square Matisse. Là où se retrouvent les dealers et leurs clients. Côté came, on trouve tout ce que l'on veut. C'est là que les mecs se retrouvent. Rendez vous furtifs sous les branchages. De vieux homos des beaux quartiers viennent y consommer, tout pleins de honte et de trouille, de la viande fraiche tarifée.

C'est jonché de mégots de joints, de seringues de capotes et de papiers gras. Le soir, quand il fait nuit, c'est pipe, branlette, enculage et shoot dans tous les buissons.

 

Du coup, ça doit inspirer les artistes locaux qui taguent les façades de dessins d'une obscénité précise riche en couleurs et extrêmement réalistes quant aux organes et positions sexuels. Tous sexe et orientations confondus. Un vrai Kama soutra des façades. Il y a même un chien qui baise une nana avec des seins hypertrophiés sur le mur de la mairie de quartier sous titré fuck la maire. Avec un doigt d'honneur pour que ce soit bien clair.

 

Tout près du square, il y a l'épicerie de Mahmoud, ouverte de dix heures à une heure du matin Il ne ferme que le vendredi de dix sept à dix neuf heures. Enfin, il part en claquant juste la porte de sa boutique. Malheur à qui lui piquerait sa caisse.

 

Il met son beau costume, une chemise blanche des boutons de manchettes en or, une cravate, des chaussures bien cirées. Pour la prière à la mosquée. Parce que quand on va prier Allah il faut lui faire honneur il m'a dit une fois. Sans avoir l'air d'y toucher il ne vend pas que des bières et des fruits et légumes. Juste pour dépanner en cas d'urgence.

Il est vieux Mahmoud et il connait toute l'histoire du quartier depuis au moins quarante ans. Son seul pote connu, c'est Mamadou, un ancien tirailleur sénégalais qui raconte ses batailles, qu'il a serré une fois la main du général de Gaulle, qui exhibe ses médailles le quatorze juillet et le onze novembre sur son vieil uniforme, trop grand pour lui, de l'armée coloniale française.

Sa vitrine annonce Mamadou Bukéfasso, vendeur de grigris contre le mauvais oeil, de produits miraculeux, sorcier désenvouteur aux dons exceptionnels, importateur du meilleur bois bandé certifié bio.

Lui aussi, les jeunes le respectent. Je crois même qu'ils ont peur qu'il leur jette le mauvais œil.

 

Entre deux clients ils psalmodient le Coran ensemble chez l'un ou chez l'autre en sirotant du thé à la menthe.

Depuis que leur femme sont mortes, ils regardent le monde et le laissent se décomposer sans eux.

Ce sont des sages Mamadou et Mahmoud.

 

Par pure hygiène ils se tapent de temps en temps une des vieilles putes décaties qui tapinent devant les vitrines miteuses du sex shop, à la porte de la salle porno, tenus par Yang, un chinois, et me protègent des mecs trop insistants quand je traine dehors tard le soir. Des fois, quand leur petit commerce tourne au ralenti, on fume une clope, ou un pétard, ensemble. Je les aime bien.

 

Elles ont dépucelé tous les petits branleurs de la rue et de ses environs immédiats qui roulent des mécaniques en gueulant comme des sourds pour affirmer leur virilité. Pour spécifier qu'ils ne sont pas des pédés ni des puceaux et qu'ils fuckent les keufs, la maire, les putes et les enculés de la ville haute. Ce sont les caïds du secteur sur leur scooter qu'ils font hurler sur la roue arrière. Sans casque, naturellement. Un combat de testostérone comme un autre. A les entendre se saluer ils sont tous frères. Ou cousins. Tous, les blancs, les noirs, les jaunes, les arabes. Tous de la même famille.

 

Au Port on est tous de la même famille.

De la famille des bras cassés, des jambes coupées, des asphyxiés.

Des désespérés de la vie qui le cachent.

Les putes essoreuses de malheur, les jeunes paumés, Mahmoud, Mamadou, Yang qui attendent la mort dans la résignation, les homos qui viennent y chercher un peu d'amour du bout des doigts, les chiens, les chats, les rats.

Et moi.

 

Le Port.

On en est ou on n'en pas. Pour en être il faut y être né et avoir grandit.

Le Port peut coopter des étrangers. Mais entrer au Port, c'est comme entrer en religion. Le Port a ses rites et ses secrets. On en sort plus. Et on ne se mélange plus avec les autres. Surtout avec ceux de la haute ville.

Ce serait de la haute trahison.

Impardonnable.

 

Les flics ne s'aventurent jamais dans le Port Pas parce qu'ils ont peur, je ne crois pas. Mais parce qu'ils ont ordre de ne pas crever cet abcès de fixation dans la ville. L'infection risquerait Le périph qui sépare la ville haute de la ville basse c'est le cordon sanitaire.

Infranchissable.

 

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MANUEL VILAS/ORDESSA

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Un homme qui n'en finira jamais de porter ses morts.

Un album de famille, les archives d'une société espagnole démocratique mais pas vraiment guérie du franquisme et inégalitaire, les mémoires d'une vie au sein d'une classe sociale éternellement contrainte à tirer le diable par la queue.

Sans mensonge, sans tricherie, sans tentative de consolation.

La vie, dans son absurdité fondamentale puisque tout disparaît malgré les efforts désespérés du narrateur dépressif irrémédiable, bourré d'anxiolytiques et d'alcool, pour en conserver les souvenirs et pour retarder sa déchéance. Mais tout s'efface. Seule demeure la détresse profonde au milieu des fantômes et la déchéance est inévitable. Déchéance transmise par le père à son fils qui à son tour la transmettra à ses fils.

Une écriture à la précision de scalpel, poétique et crue, d'une sincérité et d'une honnêteté sans concession.

Qui oscille entre désespérance, amertume et humour féroce.

Le livre inclassable, touffu, chaotique, totalement impudique et il en faut du courage pour se mettre nu ainsi dans un livre, bouleversant, poignant, d'une catharsis à valeur universelle.

Un livre difficile à lire, il faut s'y accrocher, qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui a été pour moi un pur bonheur de lecture.

C'est magnifique.

 

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Art érotique japonais

 

El perfil más vicioso del arte erótico japonés - Cultura Inquieta

Respecto a su historia cultural y artística, Japón tiene una tradición sexual muy rica y con una mentalidad fabulosamente abierta. Las siguientes 15 imágenes están asociadas al estilo Shunga, que puede traducirse como "imagen de primavera". La primavera es un eufemismo común para el sexo.

https://culturainquieta.com

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13 janvier 2020

12/01/2020

 

Lille 12/01/20

Lille 12/01/20 : Toutes les photos Lille 12/01/20 - Blog méandres

http://blogsetrin.canalblog.com

 

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05 janvier 2020

LAURENT BINET/CIVILIZATIONS

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Il est permis de violer l'histoire si c'est pour lui faire un bel enfant disait, à peu près, Alexandre Dumas, grand violeur de l'histoire devant l'Eternel et qui a enchanté mon enfance et même un peu plus.
Violer l'histoire, Laurent Binet ne s'en prive pas Civilizations. Avec un Z s'il vous plait.

Imaginez un peu, vers l'an mille, on part de Scandinavie et cap au sud avec la fille pas piquée des hannetons d'Erik le rouge pour accoster en Amérique avec ses compagnons. Là, mélange des migrants avec les autochtones.

Christophe Colomb s'embarque sur la Mer océane, la traverse et croit trouver les Indes. Las, le rendez vous en terre inconnue avec de bien étranges habitants n'est pas franchement amical. Colomb finit misérablement, seul, avec juste une petite fille près de lui qui n'oubliera jamais l'étranger venu de loin. Ce qui sera bien utile pour la suite.

Il y a deux empereurs, les deux frères, au pays des Incas. Deux, c'est un de trop. Donc guerre fratricide. Le cadet, Atahualpa, subit défaite sur défaite au cours d'une longue marche. Avec le peu d'hommes qui lui reste et une princesse cubaine nue, Higuénamota, il fabrique des bateaux, traverse la Mer océane pour débarquer à Lisbonne, détruite par un séisme. Et il va trouver l'Inquisition des prêtres du « dieu cloué », François 1°, Charles Quint, le pape, Henri VIII, Barberousse, Soliman, Machiavel et des tas d'autres personnages qui se trucident allègrement. Du Portugal, on passe en Espagne, en France, aux Pays Bas, en Allemagne, en Italie. Toute l'Europe où règne un sanglant bordel. Athualpa va y mettre de l'ordre, y fonder son empire, ,installer la pax inca et convertir tout de beau monde réconcilié de gré ou de force, au dieu Soleil.

N'en jetez plus, la cour est pleine. Je ne dévoierai pas la fin. Mais voilà ce qui se serait passé si les indiens avaient traverser l'Atlantique, avaient eu des chevaux, le fer et un système immunitaire solide.

La face du monde en eût été changée. Et finalement, il s'en est fallu de bien peu, quand on y songe.

Une gigantesque fresque historique dans une épopée incroyable qui aurait pu être vraie. Et tel avait été le cas, serions-nous aujourd'hui plus heureux, plus civiliZés ?

C'est excellent, je dirai même sur un plan littéraire gouleyant. Style vif, écriture agile, un livre brillant et puissant comme le dieu Soleil. Dont je suis sorti essoufflé, ébouriffé et ravi.

 

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04 janvier 2020

Méditation et manipulation

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Dépression, addictions, sectes : les risques de la méditation

La vie en plein conscience n'est pas toujours rose. Et si la méditation apparaît de plus en plus comme une pratique aux bénéfices multiples, elle présente aussi, comme toute stratégie thérapeutique, son lot d'effets secondaires et de contre-indications. À trop chercher à réguler ses émotions, il arrive même que celles-ci...

https://www.sciencesetavenir.fr

 

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29 décembre 2019

JEAN GRENIER/ALBERT CAMUS SOUVENIRS

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1930, Jean Grenier, jeune prof de philo a pour élève Albert Camus, 17 ans. C'est ainsi que naquit une amitié exceptionnelle qui ne se démentira jamais et qui perdurera au delà de la mort de Camus.

Alors que Grenier venu de la grise métropole découvre le soleil, la chaleur et la joie de vivre méditerranéenne, il fait découvrit la lumière et les richesses de la culture à son élève, enfant pauvre d'un pauvre quartier d'Alger, et qui avait tout à y découvrir.

Ce n'est pas un livre de mémoires, ni une étude critique de l'oeuvre de Camus, ni sa biographie. C'est une suite de souvenirs strictement personnels, sans rien dévoiler de la vie privée ni de l'un ni de l'autre, de leurs échanges au sujet de la religion, du bien, du mal, de l'art, de la création littéraire, de la politique et de la brûlante question algérienne.

Au fil des pages, se dessine un Camus tourmenté et serein, combattif et pacifique, charnel et quasi mystique parfois, considérant la vie comme une absurdité fondamental et un amour et appétit dévorant de vivre, force de la nature souvent abattu par la maladie, amoureux d'une l'Algérie qu'il veut libre.

Le portrait pudique, précis d'un homme bourré de contradictions et de paradoxes et qui a toute sa vie chercher l'équilibre entre les contraires. Le portrait d'un honnête homme au sens classique du terme qui n'a jamais transiger sur ses principes d'honneur, de probité intellectuelle et morale, de noblesse d'esprit, de liberté.

D'un homme qui avait besoin du succès comme il avait besoin du soleil d'Alger la blanche.

Le portrait d'un homme tracé par un autre homme qui l'a connu et aimé.
Livre indispensable, nécessaire à qui aime Camus, le lit et le relit.

Livre précieux.

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28 décembre 2019

Le Port

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Je m'appelle Héléna.

J'ai vingt et ans.

 

Je vis sous les toits d'un vieil immeuble qui menace ruine, propriété d'un salopard de marchand de sommeil.

Appartement meublé avec vue sur la mer, aux portes du centre ville et à deux pas du port dans une résidence sécurisée. C'est à dire qu'il faudrait taper un code pour entrer si la porte fermait correctement.

Idéal pour étudiant(e) annonçait l'agence immobilière qui n'avait reculé devant rien pour louer son taudis.

 

Rue saint Firmin.

 

C'est à dire la rue la plus pourrie du quartier, celui du Port, le plus putréfié de cette ville de tarés.

Une rue où les poubelles dégueulent le long des caniveaux.

Une rue de chiens galeux et de chats miteux, grands chasseurs des rats pelés qui se dépêchent de sortir d'une bouche d'égout pour plonger dans une autre. Une rue où à chaque pas, on marche dans la merde et où l'on risque de glisser sur une capote vers l'eau portuaire et infecte.

Elle pue.

L'herbe, la merde, la pisse, le poisson pourri, l'eau mazoutée, le bois en décomposition, la mauvaise bière, le vomi et, devant la porte du porno, des vieux relents de masturbation. La frite froide et l'herbe aussi.

Elle devrait s'appeler rue saint Merdique.

 

Tout en bas, à l'angle de la rue et du quai numéro trois, un terrain vague pompeusement baptisé square Matisse. Là où se retrouvent les dealers et leurs clients. Côté came, on trouve tout ce que l'on veut. C'est là que les mecs se retrouvent. Rendez vous furtifs sous les branchages. De vieux homos des beaux quartiers viennent y consommer, tout pleins de honte et de trouille, de la viande fraiche tarifée.

C'est jonché de mégots de joints, de seringues de capotes et de papiers gras. Le soir, quand il fait nuit, c'est pipe, branlette, enculage et shoot dans tous les buissons.

 

Du coup, ça doit inspirer les artistes locaux qui taguent les façades de dessins d'une obscénité précise riche en couleurs et extrêmement réalistes quant aux organes et positions sexuels. Tous sexe et orientations confondus. Un vrai Kama soutra des façades. Il y a même un chien qui baise une nana avec des seins hypertrophiés sur le mur de la mairie de quartier sous titré fuck la maire. Avec un doigt d'honneur pour que ce soit bien clair.

 

Tout près du square, il y a l'épicerie de Mahmoud, ouverte de dix heures à une heure du matin Il ne ferme que le vendredi de dix sept à dix neuf heures. Enfin, il part en claquant juste la porte de sa boutique. Malheur à qui lui piquerait sa caisse.

 

Il met son beau costume, une chemise blanche des boutons de manchettes en or, une cravate, des chaussures bien cirées. Pour la prière à la mosquée. Parce que quand on va prier Allah il faut lui faire honneur il m'a dit une fois. Sans avoir l'air d'y toucher il ne vend pas que des bières et des fruits et légumes. Juste pour dépanner en cas d'urgence.

Il est vieux Mahmoud et il connait toute l'histoire du quartier depuis au moins quarante ans. Son seul pote connu, c'est Mamadou, un ancien tirailleur sénégalais qui raconte ses batailles, qu'il a serré une fois la main du général de Gaulle, qui exhibe ses médailles le quatorze juillet et le onze novembre sur son vieil uniforme, trop grand pour lui, de l'armée coloniale française.

Sa vitrine annonce Mamadou Bukéfasso, vendeur de grigris contre le mauvais oeil, de produits miraculeux, sorcier désenvouteur aux dons exceptionnels, importateur du meilleur bois bandé certifié bio.

Lui aussi, les jeunes le respectent. Je crois même qu'ils ont peur qu'il leur jette le mauvais œil.

 

Entre deux clients ils psalmodient le Coran ensemble chez l'un ou chez l'autre en sirotant du thé à la menthe.

Depuis que leur femme sont mortes, ils regardent le monde et le laissent se décomposer sans eux.

Ce sont des sages Mamadou et Mahmoud.

 

Par pure hygiène ils se tapent de temps en temps une des vieilles putes décaties qui tapinent devant les vitrines miteuses du sex shop, à la porte de la salle porno, tenus par Yang, un chinois, et me protègent des mecs trop insistants quand je traine dehors tard le soir. Des fois, quand leur petit commerce tourne au ralenti, on fume une clope, ou un pétard, ensemble. Je les aime bien.

 

Elles ont dépucelé tous les petits branleurs de la rue et de ses environs immédiats qui roulent des mécaniques en gueulant comme des sourds pour affirmer leur virilité. Pour spécifier qu'ils ne sont pas des pédés ni des puceaux et qu'ils fuckent les keufs, la maire, les putes et les enculés de la ville haute. Ce sont les caïds du secteur sur leur scooter qu'ils font hurler sur la roue arrière. Sans casque, naturellement. Un combat de testostérone comme un autre. A les entendre se saluer ils sont tous frères. Ou cousins. Tous, les blancs, les noirs, les jaunes, les arabes. Tous de la même famille.

 

Au Port on est tous de la même famille.

De la famille des bras cassés, des jambes coupées, des asphyxiés.

Des désespérés de la vie qui le cachent.

Les putes essoreuses de malheur, les jeunes paumés, Mahmoud, Mamadou, Yang qui attendent la mort dans la résignation, les homos qui viennent y chercher un peu d'amour du bout des doigts, les chiens, les chats, les rats.

Et moi.

 

Le Port.

On en est ou on n'en pas. Pour en être il faut y être né et avoir grandit.

Le Port peut coopter des étrangers. Mais entrer au Port, c'est comme entrer en religion. Le Port a ses rites et ses secrets. On en sort plus. Et on ne se mélange plus avec les autres. Surtout avec ceux de la haute ville.

Ce serait de la haute trahison.

Impardonnable.

 

Les flics ne s'aventurent jamais dans le Port Pas parce qu'ils ont peur, je ne crois pas. Mais parce qu'ils ont ordre de ne pas crever cet abcès de fixation dans la ville. L'infection risquerait Le périph qui sépare la ville haute de la ville basse c'est le cordon sanitaire.

Infranchissable.

 

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Depuis quand la vulve est-elle obscène ?

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Depuis quand la vulve est-elle obscène ?

Une publicité pour des produits " d'hygiène intime " évoquant la vulve - et les règles - de façon réaliste et sans tabou fait actuellement polémique en France, alors que les symboles phalliques, culturellement, ne provoquent pas la même réprobation. Pourquoi cette différence de traitement ?

http://theconversation.com

 

 Les Anciens avaient l'obscénité joyeuse. Depuis que les religions du Livre se sont répandues comme une peste castratrice elle est devenue honteuse. Donc une misère sexuelle. Une culpabilité angoissante qui pourrit la vie des pauvres humains qui ne savent plus sublimer leurs instincts pour en faire de la joie.
Quand donc reviendront les dieux de l'Olympe ?

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Lille 17/12/19

 

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Lille 17/12/19 : Toutes les photos Lille 17/12/19 - Blog méandres

http://blogsetrin.canalblog.com

 

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