Blog méandres

20 novembre 2019

IDEO OKUDA/LES REMEDES DU DOCTEUR IRABU

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Des psychiatres déjantés, j'en ai fréquentés.
En littérature j'ai rencontré le Dr Celsius de mon amie Isabelle Mutin qui, lui aussi vaut le détour ( cf http://blogsetrin.canalblog.com/archives/2017/07/22/35497552.html).

Mais docteur Irabu, obèse, jovial, de très mauvais goût, à l'hygiène douteuse, fétichiste de l'aiguille enfoncée dans un bras par son infirmière exhibitionniste et peu aimable bat quelques records de loufoquerie. Rien ne lui résiste, paranoïa, troubles obsessionnels compulsifs, hystérie, priapisme obstiné, divorcés en colère, addiction aux textos.

Ses traitements sont pour le moins... originaux et totalement déjantés. Mais ça marche et c'est bien cela qui est formidable. Soigner et guérir la folie par la folie, c'est là le secret du docteur Irabu.

Ce n'est pas un roman, c'est un éclat de rire qui m'a secoué du début à la fin.

Décalé, déjanté, hilarant, complètement fou et j'en passe.

Mes chapitres préférés, le priapisme et l'addiction aux textos. A en hurler de rire. Mais les autres ne sont pas mal du tout. Et parfois criants de vérité. Comment a-t-il réussi à me faire rigoler comme un bossu en décrivant l'enfer des troubles obsessionnels compulsifs ?
Du grand art !

C'est léger, c'est vif, entrainant, enivrant.

A lire d'urgence les jours de grisaille climatique ou psychologique.

Mon premier Okuda et sans doute pas le dernier.

 

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19 novembre 2019

Carl Warner

 

El fotógrafo Carl Warner desafía nuestra forma de ver el cuerpo humano - Cultura Inquieta

La belleza de las curvas y pliegues del cuerpo humano es infinita. Mientras el resto de fotógrafos de paisajes sale al exterior a capturarlos, Warner los crea en su propio estudio. Ver el cuerpo como un vehículo que se va desgastando con el paso del tiempo, una especie de registro de nuestra vida, esto es lo que hace este artista londinense.

https://culturainquieta.com

 

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18 novembre 2019

Les psychoses épileptiques

 

Les psychoses épileptiques, méconnues des spécialistes français

À retenir Une enquête a été menée auprès de 486 neurologues, psychiatres, neuropsychiatres, pédiatres et généralistes français afin d'évaluer leurs connaissances des spécificités cliniques et diagnostiques des psychoses liées à l'épilepsie. Elle montre que si la plupart connaissent la différence entre les psychoses interictales et postictales, ils n'en maîtrisent pas toujours les spécificités.

https://www.univadis.fr

 

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17 novembre 2019

JOHN FANTE/BANDINI

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Une famille d'émigrés italiens, des ritals endettés jusqu'au cou, que l'hiver a réduit à la pauvreté, le père maçon ne pouvant pas travailler par grand froid. Une mère amoureuse passionnée que l'on devine lascive, entièrement dévouée à son mari adultère (peut être pour goûter un peu au luxe et à la richesse) et à ses fils. Et trois fils qui vivent comme ils peuvent, impuissants contre la misère noire et l'explosion du couple parental.

Les Bandini, malgré tout une famille de crève la faim et de comédie italienne qui vaut le détour. Des personnages finalement tous plus attachants les uns que les autres, excessifs et tourmentés. Ecrasés sous le poids de la religion culpabilisante.

Les Bandini humains, simplement humains.

Personnage central, Arturo, l'ainé qui détruit d'une main ce qu'il construit de l'autre, amoureux désespéré de la belle, et sans doute riche Rosa qui le méprise. Qui oscille entre la haine et l'admiration pour son père, l'amour inconditionnel et le mépris pour sa mère. Quant à ses frères, il a du mal à les supporter mais il les aime et les protège. Révolté, rebelle, ambivalent pétri de contradictions, traversé d'émotions et de sentiment violents, dont l'apparente assurance inébranlable dissimule le manque de confiance en soi et en les autres. Arturo, le garçon peut être trop intelligent pour ne pas se détester. A mon sens, terriblement attachant.

Fante amalgame avec brio dans son récit le plus noir et le plus lumineux de l'âme humaine. Y unit l'ombre avec la lumière.

Maîtrise admirablement son écriture, sèche, énergique, rapide. Et pourtant dégoulinant d’émotions. Sans fioriture, sans pathos. Fante n'est pas un auteur à l'eau de rose qui écrit pour faire pleurer Margot dans les chaumières.

Précis, réaliste, lucide, jusqu'à la cruauté.

Seul un grand écrivain, un grand écrivain sincère peut se le permettre à ce point là.

Mieux qu'un bon livre.

Un souvenir ébloui de lecture.

 

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15 novembre 2019

LE MIROIR

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Je nous regardais, dans le mauvais délice de la joie du désespoir, tu t'en souviens, droit les yeux dans les yeux, au creux du miroir en face de mon lit.

Un vieux miroir miteux et bancal qui fixait sans indulgence deux contrefaits infirmes totalement nus, sans consistance.

C'était dans les soirs où la misère d'exister dans notre chair nous pulvérisait les os.

Tu vois, c'est un de ces soirs là que l'on aurait dû se prendre par la main et sauter.

Là bas, au bout du quai, le port était assez froid, assez profond et froid pour dissoudre.

Disparaître.

 

Toi et moi,

nous étions nés, sans le savoir, jumeaux enfants de l'horreur.

Nous n'étions pas nés pour vivre.

Juste pour naître.

A quoi ça servait de naître pour naître ?

 

Pour tout le monde, c'était foutu d'avance.

On leur avait pourri l'existence avec notre malheur.

 

Trop près du monde et des humains que nous n'aimions pas. Nous avions faim. Nous avions froid.

Deux affamés au milieu du vide.

Traversé d'orages impuissants et neurasthéniques

 

Cette enfant, la pauvre, est née sous une mauvaise étoile répétait-elle.

Elle ne sera jamais heureuse.

C'est de famille.

 

Mais quelle étoile bordel ?

Il n'y avait pas d'étoile, jamais, en tous cas en ce qui me concernait. Juste un soleil miteux au sourire idiot que j'aurais préféré ne pas voir. Un soleil con comme la lune qui brillait lamentablement pour des clous. Sans rien réchauffer, sans rien éclairer.

 

Toi et moi, nous avions notre lumière.

Elle nous venait de l'intérieur.

La lucidité.

Une malédiction cruelle, mortelle.

Un suicide à combustion lente partie de notre sexe pour nous écraser la tête.

 

Lucides, trop lucides pour croire, pour croire en nous, incapables de se mentir et de mentir, de tricher et de se tricher pour maquiller la hideur naturelle de la réalité.

Poly handicapés du sentiment, empêcheurs du bonheur en rond.

 

Saboteurs naufragés volontaires.

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La mémoire

 

Comment se créent les souvenirs ? Une étude donne un nouvel éclairage sur cette fonction fascinante du cerveau...

Rappelez-vous votre dernière sortie au restaurant... Peut-être que le goût succulent des pâtes, le son du piano jazz ou le rire tonitruant de votre corpulent voisin de table vous reviennent soudainement en mémoire? Ce dont vous n'avez aucun souvenir cependant, c'est de l'effort fait pour vous rappeler de ces petits détails.

http://theconversation.com

 

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14 novembre 2019

Adolescence

 

Série : "Mental", une pépite à ne pas manquer

Le quotidien de quatre adolescents internés dans une clinique pédopsychiatrique. Cette série à voir gratuitement sur la plateforme France TV Slash est d'une finesse et d'une intelligence rares. Une fiction qui interroge la normalité, entre rires et larmes. Il se passe décidément des choses importantes sur France TV Slash.

https://www.franceinter.fr

 

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13 novembre 2019

EDOUARD LIMONOV/LE POETE RUSSE PREFERE LES GRANDS NEGRES

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Limonov, poète de l'underground moscovite, dissident et/ou opposant en délicatesse avec tous les gouvernements communistes et post communistes, fils d'un officier subalterne du KGB, sale gamin à la limite de la psychopathie, président du parti national bolchevique, personnage en soi peu sympathique mais à mon sens attachant par tant de désespoir en lui.

Et surtout, surtout, l'un des plus grands poètes et écrivains russes du siècle dernier, pour moi le premier. Malheureusement peu connu, les médias bien pensantes ne lui on jamais fait « l'honneur » de l'invité dans leurs colonnes. Pas assez persécuté par le totalitarisme soviétique peut être ?

Autorisé à quitter l'URSS de Brejnev, il émigre en Amérique et perd très vite ses illusions. Sa femme le quitte pour un riche américain. Il comprend rapidement qu'il a quitté la peste pour le choléra ou inversement. Dans l'infinité de la ville, descente aux enfers, il échoue, amer et aigri dans un hôtel miteux désaffecté. Il écume les bas fonds les plus glauques, se jette dans toutes les aventures possibles, découvre l'homosexualité, consomme les partenaires sexuels et tous les psychotropes possibles en buvant comme un trou.

Il part pour la France où il sera dans le milieu parisien branché, un dandy dézingué. Avant de revenir en Russie.

Dans ce livre, Limonov sait faire de lui un inoubliable personnage, rageur et sentimental, insolent et sensible, désespéré et croyant inébranlable et de sa vie un roman.

Par ce premier livre publié en 1980, il fait une entrée fracassante dans la littérature mondiale.

Ames sensibles belles âmes pures et naïves, amateurs de romans sentimentaux pleins de grands et beaux sentiments, s'abstenir.

C'est un livre dur dans lequel l'auteur rumine et se délecte de sa propre déchéance, des errances de sa désespérance. Ecrit sous le triple poids de la déception amoureuse, du désenchantement politique, de la perte de la certitude de devenir un grand écrivain (il écrira ensuite Le journal d'un raté).

Dans un style nu, cru, sans complaisance, lucide, d'une très grande qualité littéraire, où le cocasse et l'érotisme le disputent au tragique.

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09 novembre 2019

MELISSA BRODER/SO SAD TODAY

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La tristesse, l’agonisse, la dépression, merci, je connais. Professionnellement et personnellement. Et ça ne m'a jamais, mais alors jamais au grand jamais, fait rire.

Ou alors par dérision ou auto dérision. On se défend comme on peut contre l’innommable.

Et que nous raconte Melissa Broder ? La tristesse, l'angoisse, la dépression. Et le cortège d'addictions qui va avec. Sans pudeur.

Elle nous raconte ça de son intérieur.

J'aurais dû pleurer du début à la fin. Logiquement. Et du début à la fin, j'ai ri.

J'ai ri.

Ce livre est drôle. 

Avec un incomparable humour ravageur auquel rien ne résiste, cette grande dépressive chronique devant l'éternel, dans un style à la mitraillette qui ne vous laisse pas respirer un instant, avec une sincérité époustouflante autant que désarmante, nous décrit non seulement ces troubles mentaux mais aussi, et là sans pudeur, tous les moyens employés pour survivre.

Yoga, médicaments, drogues, sexe, alcool, grigri thérapie, chamane new-yorkaise, religieux de tous poils, gourous en tous genres et amies plus ou moins bienveillantes.

Melissa Broder ne parle que d'elle. C'est souvent le cas chez les dépressifs.

Mais ne nous y trompons pas.

Dans son discours hyper narcissique, elle nous tend sacré fichu un miroir.

Elle raconte tout de que, généralement, nous préférons cacher de nous. Elle met en lumière ce que d'habitude, nous, nous taisons honteusement. Elle nous jette notre tronche en pleine gueule.

Sa sincérité, sa lucidité, son langage souvent très cru font sûrement frémir d'horreur tous les culs serrés de la terre toujours prompts à l'indignation vertueuse, à jeter au bûcher et le livre et l'auteur.

C'est à mon sens, ce qui donne toute la valeur et au livre et à l'auteur.

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05 novembre 2019

CHANT I D'HELENA

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Tu es là, debout sous la pluie, les pieds dans la glaise.

Indécollable.

Dans la boue jusqu'aux yeux.

Sous la pluie du ciel qui te pisse dessus comme un chien.

Le ciel est un chien et je hais le ciel sous lequel je devenais folle.

 

Je suis morte.

 

Ton poème de Baudelaire, comme tu m'appelais, est parti.

Envolé dans un nuage de benzodiazépines et de vodka.

 

Avant qu'ils n'enferment mon corps dans une boite, tu as refusé de le voir, mon corps couché sous un drap blanc qui n'en cachait rien.

 

Je suis morte, et belle parce qu'il n'y a pas eu de douleur.

La mort est douce quand elle n'est pas tirée aux dés.

 

Vivante,

je ne t'aimais pas.

Tu ne m'aimais pas.

Morte,

je t'aime et tu m'aimes.

 

Ne m'en veux pas de ne pas avoir pu t'attendre plus longtemps.

Je n'avais plus de lumière et je n'en pouvais plus de cette pourriture de ventre qui me coulait entre les cuisses en délire et me flagellait comme des ailes de corbeau.

Je n'en pouvais plus.

De marcher, malgré moi, le cœur en banquise, les os noués, à trainer une langue trop lourde

De ma haine pour ce monde faux, faux à t'en faire cracher du sang, dans la rue, à la face du premier venu qui porte sur sa figure de lune la dureté de l'angoisse.

Et ce ciel, encore, que je vomissais par le nez.

 

Seule la mort emplissait mon cœur défiguré par accident de naissance.

 

J'avais mal et la mort a su me consoler.

Ivre et lucide, je suis dans le néant.

Si dieu existait, crois-moi, la mort serait sa gloire.

 

Je suis morte pour te montrer le chemin.

Je ferai le vide dans ta tête abandonnée.

Et tu ne baiseras jamais le fantôme échevelé d'une vieille femme.

 

Je t'attends.

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