Blog méandres

22 février 2019

LA LUNE

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On a fait l'amour.

 

Absents l'un à l'autre.

 

Ce qui m'a incité à me lever très vite pendant qu'elle restait allongée sur le drap rouge qui portait les traces de notre copulation automatique.

 

Étrange idée.

 

Elle dort ou elle est morte ?

 

Je crois que je l'aimerais davantage morte que vivante.

 

Elle respire.

 

Donc elle n'est pas morte, elle dort.

 

Une femme que certains appelleraient mon rêve.

 

Mon rêve, peut être.

 

Pour moi, juste un instant où je crois possible l'existence d'une divinité.

 

Un rêve où je suis entré comme dans un désert de chair brûlante. Une terre de l'exode biblique. Où je vais vers ma terre Promise. Ce coin de solitude acharnée et farouche, imprenable, qu'elle dissimule dans son corps.

 

Son corps

 

dans cette lumière de lune argent.

 

Son corps qui flotte dans la fumée hypnagogique de haschich qu'il absorbe.

 

Un corps étonnamment ouvert d'un sourire archangélique.

 

Son sexe.

 

Le sexe d'une irrésistible créature.

 

Un sexe.

 

Un monstre capable de se métamorphoser en fleur pour me pousser au suicide ou au meurtre tant tout cela est solaire.

 

Les portes de l'enfer sont plus glorieuses que celles, arides, du ciel.

 

Je la regarde.

 

En détail.

Morceau par morceau.

 

Pieds, jambes, mains, bras, ventre, poitrine, bouche, yeux, oreilles, cheveux. Et du nombril glabre aux poils du sexe, des poils du sexe au nombril glabre.

 

Incontrôlable attrait de sa chair qui navigue entre les constellations de la chambre.

 

A force d'être elle, elle s'est imposée.

 

Elle s'est faufilée en moi, entre les os et la peau. Comme une intruse. Inondant mes gerçures cérébrales profondes comme des crevasses.

 

Je la regarde et je sens pousser en moi la barbe de la mélancolie.

 

Passé mythique et gigantesque qu'elle me ressuscite.

 

Des noms.

 

D'hier, d’aujourd’hui et de demain aussi.

 

Que cette pagocytheuse anthropophage a dévoré pour se nourrir de moi.

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20 février 2019

Séance dédicace

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18 février 2019

NAISSANCE

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Je ne t'ai jamais raconté ma naissance ?

 

Tu vas rire.

 

Écoute-moi.

 

Parce que ça vaut le détour, ma venue au monde.

 

Ce coup de pied du hasard dans la fourmilière d'une loterie pipée d'avance.

 

Cet accident survenu dans un monde qui ne s'y attendait pas, qui n'y était pas préparé.

 

Je m'en souviens parfaitement. Ils me disent que ce n'est pas possible. Que personne ne peut se rappeler sa naissance. Que je suis mythomane ou que je délire. Mais toi, Vieille Dame, toi,

 

tu peux me croire.

 

Mes souvenirs sont précis. Il n'y a rien qui les floute. J'ai toujours ce regard sidéré du tout nouveau né qui vient de débarqué de l'utérus maternel. C'est bien la preuve que je n'invente rien. Sinon, j'aurais le même regard que tous les autres, ceux qui ont oublié.

 

L'apparition d'un enfant, petit extra terrestre, surgi d'entre les cuisses d'une femme dont le ventre résonnait comme un tocsin dans une nuit de hantise.

 

J'étais bien tranquille à flotter en suçant mon pouce. Malgré moi, j'avais basculé cul par dessus tête. Je m'étais développé et j'étais un peu à l'étroit désormais. Mais ça restait confortable. Je me sentais bien et bien décidé à rester là pour l'éternité.

 

Je ne m'y attendais pas.

 

Quand la tempête s'est levée. Doucement au début. Et puis c'est devenu violent. J'y repense chaque fois que j'entends un lave linge en mode essorage maximum. J'en avais le mal de mer et la peur d'être écrabouillé dans mon habitacle. Réduit en bouillie.

 

En fait, j'étais placé sur orbite en mode expulsion. J'ai bien tenté de m'accrocher, de lutter. Mais je n'étais qu'une pauvre petite chose bien trop faible pour résister.

 

Quand j'ai eu la tête à l'extérieur, brûlée de lumière et de bruit, des doigts m'ont saisi aux épaules pour m'éjecter totalement.

 

Avant que je puisse tenter la marche arrière du salut.

 

J'en hurlais de désespoir, posé entre les seins d'une femme. Qui pleurait toutes les larmes de son corps en me caressant, en m'embrassant, en murmurant de trucs incompréhensibles.

 

Petit être né au mauvais moment au mauvais endroit. Qui ne comprenait pas pourquoi il était jeté en pâture, tenu par les pieds, à ce vaste univers aux dents longues dans une bouche puant l'éther et les détergents. Au milieu d'une bande de singes surexcités qui, avec leurs ciseaux brillants mais glacés, ont coupé, sans prévenir, le fil qui me reliait encore à ma planète mère.

 

Terrifiant.

 

C'était fini.

 

Je ne serai plus jamais seul.

 

Rien que moi, moi tout seul.

 

Il y aura toujours l'autre, celui qui s'est faufilé en moi dès ma première inspiration. Qui fait de moi cet exilé sans retour dans le premier monde, dans le monde d'avant.

 

Mon siamois de l'intérieur qui s'obstine à ne jamais danser sur le même pied que moi.

 

 

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05 février 2019

ÉCRIRE OU NE PAS ÉCRIRE

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Telle est la question.

 

Qu'écrivez-vous actuellement ?

 

Une façon pour me dire et me faire reconnaître moi-même que j'écris, que je suis un écrivain.

 

Je ne suis pas un écrivain. Rien ne serait plus faux que de le prétendre. Ni écrivain ni poète. Certains me parlent de poésie. Mais je n'y connais rien pour écrire de la poésie !

 

Je suis un tâcheron du bâtiment.

 

Je n'écris pas, je bâtis.

 

Des murs.

 

Normal, je suis le petit fils d'un tailleur de pierres. Question d'hérédité. J'élève des murs. Pierre à pierre. Honnêtement. A la verticale, le long du fil à plomb. Truelle en mains. On écrit à l'horizontale. En tenant un stylo ou un crayon. Je travaille debout et dehors, on écrit assis enfermé dans une pièce. On écrit sans fin, moi, je m'arrête lorsque le mur a atteint la hauteur souhaitée. Selon mon seul gré.

 

Je ne veux pas construire des murs qui enferment, des maisons pour m'y enfermer, ça se serait écrire. Mais juste des murs qui ouvrent et qui m'ouvrent.

 

Bâtir pour bâtir. Pour rien. Je suis le maçon de l'inutilité. Dépouillé de toute volonté. Au hasard. A la dérive, sans plan pré établi. Je ne suis pas un architecte. Ou alors, un architecte du désordre. Comme j'ignore absolument tout de l'ABC de la maçonnerie c'est loin d'être droit, rectiligne. Mais comme ce n'est pas pour m'abriter des intempéries...

 

C'est parfois du grand n'importe quoi, à la limite du délire. Dans ce cas là, ça ne tient jamais très longtemps. Ça s’effondre très vite. Je ne reviens pas en arrière. Je ne me se sent pas concerné par la chute. Je laisse en l'état. A la nature de faire son boulot pour effacer les traces.

 

Pour le plaisir de déambuler entre mes murs où circulent les courants d'air. Je construis, un mur après l'autre, pour aller toujours plus loin. Pour ressentir combien c'est merveilleux de respirer librement.

 

J'ai lu l'histoire de cet homme qui passe sa vie à construire un mur pour enclore on champ. Quand ce fut fini, il s'est couché et il est mort. Moi, je construis des murs pour ouvrir. Alors peut être que je ne mourrais pas.

 

A moins que je n'atteigne le mur de l'horizon.

 

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01 février 2019

FUNAMBULE

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Un jour

 

un homme savant

 

un sage réputé de raison

 

et alors que je lui avouais n'y comprendre rien

 

m'a répondu :

 

connais-toi toi-même et tu connaitras l'univers et les dieux.

 

J'en ris encore.

 

Parce que moi je veux bien mais...

 

Je ne crois pas aux dieux. Laissons tomber. Ils ne sont qu'une épine de plus plantée dans le pied des hommes et ça leur monte à la tête. Ça ne les aident pas à marcher.

 

Quant à l'univers...

 

Vois-tu VieilleDame,

 

le monde n'est pas plus raisonnable que moi. Et c'est d'une banalité navrante à pleurer que de dire qu'il n'est qu'un vaste asile d'aliénés. Méchamment secoués par tous leurs démons qui s'amusent à leur torturer les gonades au fer chauffé au rouge sang dans le train fantôme de l'horreur.

 

Regarde. Regarde les. Les hominidés humanoïdes. Tous coincés.

 

Dans les camisoles névrotiques, dans les geôles de la démence dissociative, dans le carcan des phobies, dans les corde du désordre d'être plusieurs quand on est un, dans les liens des obsessions compulsives.

 

Tous incapables, impuissants de maîtriser leur panique du feu et de la glace, leur terreur de la nuit blanche, leur douleur de l'amour, leur soumission à des morales coupe-couilles, leurs boiteries superstitieuses, leurs amnésies d'Alzheimer libidineux, leurs fellations ruminatoires, leur parkinson masturbatoire.

 

C'est ça la vie, c'est ça le monde Vieille Dame. Une pornographie polymorphe, une paraphilie généralisée.

 

Et moi ?

 

J'y vis, je vis.

 

Comme toi, Vieille Dame.

 

Seulement un peu plus haut ou un peu plus bas. Ça dépend du jour et du moment. En prenant la nuit pour le jour et inversement, dans mes insomnies de bateau sans pilote. Je m'y balance, d'un pied vers l'autre, pied de plomb ou pied ailé, c'est variable, au dessus d'une frontière mouvante entre hyper lucidité et confusion noire comme un four. Entre vie et mort.

 

Je vis.

 

Tu comprends ?

 

Non, tu ne comprends pas.

 

Tu ne peux pas comprendre. Tu n'es qu'une spectatrice. Tu regardes et tu ne participes pas. Pour comprendre le spectacle, il faut y tenir un rôle. Moi, j'y tiens le mien. Puisque je suis fou, puisque je le sais, le l'assume. Tu sais, accepter sa folie c'est en lever la malédiction. Même si j'en reste marqué à vie, comme d'une balle, en plein front.

 

Sur le fil, une question me fait balancer.

 

Tu seras infoutue d'y répondre. Tant pis !

 

Est-ce l'univers et ses dieux qui m'ont contaminé ou est-ce moi qui les ai infectés ? Quand je suis debout devant eux, je vois. Mais quoi ? Est-ce vraiment moi que je regarde ou ne sont-ils que mon reflet ? J'ai parfois la curieuse et dérangeante impression de n'être que l'écran blanc sur lequel ils se projettent. D'autres fois, c'est l'inverse.

 

Je suppose que tu te tiens solidement entre les deux, hein ?

 

La voie de la sagesse.

 

 

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ROBERT BADINTER / IDISS

Idi

Ce ne sera pas le livre du siècle. Non. Mais c'est un beau livre.

Un livre hommage à cette grand mère qui elle aussi a fait de Badinter l'homme d'exception et de courage qu'il est.

J'avais été profondément ému quand R. Badinter, ce grand bonhomme est venu raconter sa grand mère à la grande librairie. J'ai vu ce vieil homme retenir ses larmes en évoquant à peine le « disparu », ce père aimé et admiré assassiné à Sobibor et j'ai failli pleurer moi aussi. Mais ce n'est pas le sujet du livre. Le sujet c'est Idiss, juive de Bessarabie venue en France parce que son mari, son homme, son grand et exclusif amour, aime, sans la connaître, la France des droits de l'homme, de la liberté, de l'égalité. La France ce pays où pour les juifs le bonheur est sur terre.

J'ai lu ce livre de piété filiale avec bonheur et émotion.

Avec une immense pudeur, mais ils sont ainsi dans la famille, avec quel amour et avec des mots très simples, il retrace la destinée d'Idiss, ses peines, ses joies, ses grands bonheurs, ses malheurs profonds. Comment elle supporte les violences de l'antisémitisme dans la Russie tsariste, comment mère tigresse elle en protège les siens. Sa détermination à les faire réussir dans leur pays d'accueil et la fierté qu'elle a de leur réussite. Son bonheur d'être parmi les siens.

Idiss, pour son petit fils, une boule chaude et rassurante d'amour qui s'obstine.

Idiss aura-t-elle été heureuse ? Elle mourra en devinant peut être, mais sans les connaître, les ignobles lois anti juives de Pétain et les persécutions de l'état dit français et du nazisme.

Moi, je veux croire Idiss heureuse.

Envers et contre tout.

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29 janvier 2019

ALEXANDRE SOLJÉNITSYNE/RÉVOLUTION ET MENSONGE

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Je partais du principe que pour comprendre quoique ce soit à la révolution, il fallait avoir lu Les dieux ont soif d'Anatole France et L'homme révolté de Camus. J'en ajoute un troisième. Révolution et mensonge d'Alexandre Soljénitsyne qu'on ne présente évidemment plus. L'histoire de ce résistant au totalitarisme bolchevique est bien connue.

Vivre sans mentir. Analyse minutieuse du concept de mensonge et de la nécessité de le refuser. Son mensonge et le mensonge généralisé de l'état totalitaire. Première condition pour résister à la dictature, commencer par se réformer soi même. Quand plus personne ne mentira, plus personne n'acceptera le mensonge d'état et la dictature finira par tomber puisqu'elle ne tient que par le mensonge.

Leçon de février. S'appuyant sur une immense culture sur la révolution russe de février 1917, l'auteur se demande comment la dynastie tricentenaire et encore populaire, a pu tomber en trois jours. Faute de connaître le peuple, le comprendre, savoir lui parler. Quand le souverain enfermé dans ses ors s'éloigne du peuple, il tombe. C'est vrai pour une monarchie millénaire dont personne, au départ, ne pouvait imaginer la chute.

Deux révolutions : la russe et la française. La seconde s'identifiant à la première. Au départ, elles étaient pourtant belles les révolutions. Puis elles ont ébranlé jusqu'à leur chute les pouvoirs en place incapables de se réformer et de réformer la société.

Se sont installés alors des régimes de terreur sanglante, la tyrannie des utopistes fanatiques (Robespierre, Marat, Lénine, Staline), la délation, le déni de la justice, l'arbitraire, le règne et la vengeance des pauvres types, des nullards.

Toute révolution suit ce schéma, grand rêve d'un lendemain qui chante, terreur sanglante, dictature. Elle emprisonne, guillotine, fusille, assassine ses propres enfants. Elle anéantit ce peuple qu'elle voulait libérer en l'écrasant sous la botte de la dictature.

Un livre précieux.

Une leçon universelle intemporelle.

La démocratie ne nait jamais de la révolution.

A lire et à méditer par les temps qui courent quand certains appellent à la révolution et à la mort « du roi » dont on frappe, guillotine, décapite une image. Quand les mêmes appellent à la haine de l'autre. Quand, pour paraphraser Freud, les digues du surmoi social risquent rompre.

Il faudrait si peu de choses et si peu de monde pour que tout recommence.

Au révolutionnaire, je préfère le révolté. Depuis Camus, on sait qu'il n'est, par essence, ni violent ni sanglant.

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25 janvier 2019

Milo Manara

 

Distingué au salon de la BD à Angoulême.

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20 janvier 2019

MARIE LAURE CAZOTTE/MON NOM EST OTTO GRASS

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« Ce livre repose sur des faits, des pensées, des scènes et des personnages réels. Il s'inspire d'archives, de lettres, de journaux intimes et autres écrits. Une large part relève toutefois de la liberté de fiction et d'interprétation de l'auteur. » Avertissement de l'auteur elle-même.

Ce n'est donc pas une biographie mais un roman. Et c'est tant mieux. Seule la littérature, le roman, peuvent tracer avec une telle ampleur le destin sublime et lamentable d'Otto Gross, neurologue, pionner de la psychanalyse excommunié par Freud le coincé, anarchiste, artiste, toxicomane, inspirateur du dadaïsme, adepte de l'amour libre, rebelle à toute convention sociale, opposant farouche au patriarcat donc féministe presque fanatique, amoureux fou de la liberté de l'être, fils révolté enfin et peut être surtout, que son autocrate de père, un magistrat qui ne connait que la rigidité de la loi et le souci de la bienséance et de sa carrière a fait interner de force. Toute l'Europe intellectuelle et artistique s'est levée pour demandé et obtenir la libération du maître à penser, fondateur du mouvement érotique, écologiste convaincu, végétarien intransigeant, de toute une jeunesse en quête de liberté, en particulier sexuelle. Comme Nietzsche ce n'est pas un humain, c'est de la dynamite. Le héros d'une tragédie grecque.

Marie Laure Cazotte possède magnifiquement son sujet. Elle a ce don rare et précieux cinématographique de nous plonger dans la vie de Gross. Son style est rapide, soutenu, brillant. Riche de vocabulaire et d'images. C'est vivant et elle nous entraine dans le tourbillon infernal de la vie et de l'poque de son personnage. On en a le vertige. Délicieux vertige.

Un livre magnifique que j'ai eu bien du mal à quitter.

 

 

Otto Gross - Wikipédia

En 1906, Otto et Frieda Gross s'installent à Munich où Otto devient l'assistant d' Emil Kraepelin. Le couple fréquente la bohème intellectuelle et anarchiste de Schwabing au sein de laquelle Gross rencontre l'anarchiste Erich Mühsam - qu'il influencera dans sa conception d'une révolution réunissant les classes " criminelles " de la société - et découvre les travaux de Johann Jakob Bachofen sur le matriarcat, qui l'inspire fortement.

http://wikipedia.org

 

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17 janvier 2019

Louis Papadopoulos

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Louis Papadopoulos y la poética del desnudo - Cultura Inquieta

Louis Papadopoulos es un artista griego nacido en Alemania. Louis Papadopoulos estudió fotografía , pintura e historia del arte en Italia y en los Países Bajos. Poco hemos logrado averiguar de él, pero la quietud y poética que destilan sus desnudos nos ha animado a compartirlos con vosotros.

https://culturainquieta.com

 

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