Blog méandres

09 décembre 2017

IRÈNE FRAIN / SORTI DE RIEN

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Le rien, anagramme d'Irène. Le rien, d'où sortent ces bretons rouges, républicains ou noirs, protestants. Donc mal vus dans cette Bretagne des années cinquante catholique et presque encore royale et rejetés sur une terre surtout riche de pierres. Des hommes et des femmes à l'image de ce pays de misère où tous les mythes, légendes, croyances armoricaines ou chrétiennes restent très vivace.

Un jeune adolescent loué par sa mère omnipotente mais adulée après le certificat d'étude à un fermier sans pitié. Et qui finalement s'enfuit pour aller faire le maçon

Une fille, sa fille, qui, grâce à une petite valise va commencer son chemin initiatique à la recherche de ses racines, à la recherche de ce rien dont elle est issue, sur les traces de son père qui a lui a laissé des indices comme autant de cailloux du Petit Poucet mais aussi pas mal de zones d'ombre. Un père qui ne plie pas, ne transige jamais pour sauver le seul bien qu'il possède, sa dignité.

Un roman auto biographique qui pose l'angoissante question des origines pour qui n'en a pas. Ou ne s'en connait pas. Autour du mystère de sa naissance et de son prénom, des relation mère / enfant, le père et la grand mère, elle et sa mère, elle et son père, de tous les non dits, de tous les secrtes de famille.

Sortie de rien ? Oui, mais avec quel patrimoine génétique !

Chronique familiale, document sur cette Bretagne à peine sortie des siècles passés, bel hommage au père qu'elle veut exceptionnel, la mère n'existe que très peu, à tous ces miséreux qui s'obstinent envers et contre tout à garder la tête haute. Presque une enquête policière.

N'en déplaise aux intellos germano-pratins, c'est agréable à lire, le style est clair, simple, fluide. Émouvant aussi tant l'auteur éprouve sans s'en cacher de tendresse pour son pays, son peuple et son père.

Cette lecture me fut un plaisir sans partage.

 

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01 décembre 2017

ÉCOUTEZ-LES

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Si vous

 

vous êtes sourds

 

eux, ne sont pas muets.

 

Moi

 

Je vous dis qu'ils parlent, ils parlent un langage que vous ne possédez pas. Et pour les entendre, l'oreille, la simple oreille ne suffit pas. Ils parlent avec leurs silences douloureux, leurs cris d'appel désespérés, leurs mains comme ces oiseaux mazoutés et perdus, leur regard halluciné fracase sur ce point inconnu situé au delà de la ligne d'horizon, loin, très loin. Là où les emportent leurs délires explosifs et explosés, polymorphes et discordants.

 

Ils passent du coq à l'âne, de l'âne au coq, du rire aux larmes et des larmes au rire sans pouvoir décider entre le coq et l'âne, le rire et les larmes.

 

Ils parlent, intarissables, infatigables logorrhéiques, dans leurs errances, dans leurs déambulations le long des interminables couloirs de l’asile, dans les errances dissociées du labyrinthe psychique où ils sont enfermés. Dans lequel chacun est multiple de lui-même sans mieux se comprendre, sans mieux se répondre.

 

Ils parlent.

 

Et vous n'entendez pas leur discours que vous prenez pour un cacophonie sans queue ni tête.

 

Ils ont des choses à se dire.


Ils ont des choses à vous dire.

 

Écoutez-les.

Les fous.

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30 novembre 2017

FUSILLADE

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 Je vais crever.


Je vais crever et je bande, à genoux au pied du poteau tricolore et patriotique de mon exécution.

 

La mort promise est-elle donc si belle ? Est-elle donc bandante et jouissive à ce point ?

 

Douze balles dans la peau pour avoir choisi l'ordure des caniveaux contre les poules de luxe pour éjaculer par masturbation sur de fausses fleurs du printemps en confondant les cris d’orgasme avec un requiem.

 

Pour fuite au feu et désertion, abandon de poste et haute trahison, collaboration avec l'ennemi, crime de guerre et contre l’humanité. Pour n'avoir pas cru en dieu notre père, en sainte Marie immaculée conception, pour avoir renié l'homme, pour avoir choisi la folie contre la raison, le rêve contre la réalité, le mensonge contre la vérité.

 

Avoir voulu baiser avec les anges.

 

Douze balles dans la peau de la main des hommes, c'est toujours mieux que la damnation éternelle tombée des doigts de dieu.

 

Douze balles.

 

Non. Onze balles. Car il y a toujours un soldat inconnu qui tire à blanc. Les onze autres tirent à noir. Mais aucun d'eux ne le sait. Ils tirent puisqu'ils sont venus pour ça. Viser droit au cœur.

 

Onze balles dans la peau, la messe est dite, finie la comédie, le rideau tombera quand je roulerai par terre. J'ai demandé à ne pas être attaché, à ne pas avoir les yeux bandés. Et j'ai viré ce curé qui me tendait au bout d'une perche un Jésus Christ pédé.

 

Je veux voir venir la mort, la vraie, la grande, d'en face, debout, tout seul.

 

Garde à vous, arme sur l’épaule droite, en joue,

 

feu !

 

Ce n'est pas non plus la fin du monde.

 

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25 novembre 2017

BORIS PASTERNACK / LE DOCTEUR JIVAGO

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1966, j'ai huit ans. Mon frère cadet et ma belle sœur m'emmènent au cinéma. Mon premier film. Le docteur Jivago. Je suis ébloui. Mon premier film ! J'ai dû tomber amoureux tout de suite de Lara. Revu le film au moins dix fois depuis. Toujours amoureux de Lara.

Étrangement, je n'avais jamais lu le roman. C'est chose faite ! A quelques détails près, je n'ai rien reconnu du film. Peu importe. J'ai dévoré ce gros pavé. Les plaines interminables de Russie, la neige, et la mélancolie chronique des russes.
C'est la grande guerre. Puis la révolution, et enfin le coup d'état bolchevique de 1917. Et là Pasternack peint magnifiquement mais sans complaisance l'installation du totalitarisme communiste. Il est interdit d'être amoureux, heureux, malheureux. Il est interdit de créer. Un bon communiste n'a pas de sentiment. Description de cette absurdité cruelle et sanglante que fut ce régime criminel. Les êtres sont bousculés, ballotés, brisés par ce régime qui ne se comprend même pas lui-même. L’histoire d'amour est en arrière plan. Mais Jivago et Lara tout au long des pages sont les deux symboles de ces hommes et de ces femmes broyés par la machine bolchevique qui poussent les individus à s'auto détruire. Une flamboyante leçon d'histoire à travers la littérature. Et la littérature n'est-elle pas le meilleur moyen d'apprendre et de comprendre l'histoire, surtout l'histoire quand elle est tragique comme le fut celle du siècle dernier ? Ce livre est l'un des plus grands chefs d'oeuvres de la littérature russe sous le joug pervers du soviétisme. Pourquoi diable ai-je mis tant et tant d'années à le lire ? A cause du côté eau de rose du film, peut être. Film que j'aime un peu moins depuis que j'ai lu le livre. Mais je me suis essoufflé dans un livre magnifique. Puissant.

Le docteur Jivago est d'abord paru en Italie puis s'est répandu dans tout le monde libre. Tout de suite interdit au « paradis des prolétaires ». Le pouvoir a interdit à Pasternack d'aller recevoir son Nobel. Pendant que les communistes français et leurs « compagnons de route » couvraient et l'oeuvre et l'auteur de leurs immondices.

Ce qui, au fond, est rassurant, c'est que les crapauds sanguinaires disparaissent pendant que les livres, eux, demeurent.

Ce n'était pas la première fois, ce ne fut pas la dernière et il y en aura encore d'autres...

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21 novembre 2017

JACK EL-HAI / LE NAZI ET LE PSYCHIATRE

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Le nazi, c'est Göring, l'un des plus hauts dignitaires nazis, le psychiatre c'est Douglas Kelley, le cadre de leur « affrontement », la prison de Nuremberg.

Avant d'être jugés, les nazis doivent être examinés par un psychiatre pour déterminer s'ils sont sains d'esprit ou non, c'est à dire s'ils sont responsables de leurs actes ou non. Leur analyse va être confiée au Dr. Kelley, jeune et brillant psychiatre et au non moins brillant psychologue Gilbert.

Pour Gilbert, tous ces criminels de très vol ne sont ni des êtres à part ni des monstres. Leurs actes, monstrueux parmi tous, sont ceux que n'importe quel être humains est capable de commettre. On rejoint là « l'indicible banalité du mal » décrite par Ahrendt.

Parmi tous ces criminels de guerre, Kelley va longuement s'entretenir avec Göring, bien plus longtemps qu'avec tous les autres, bien plus longtemps que ne lui imposait sa mission. Göring le fascine, l'attire. Pour le psychiatre le nazi est l'incarnation du mal absolu, un monstre, un être à part du reste de l'humanité. Mais il ne parviendra jamais à discerner chez lui une personnalité particulière qui serait commune à tous les nazis. Il n'y parviendra pas parce que sa relation fusionnelle avec Göring lui interdit tout recul. Ces deux là se ressemblent trop. Et le psychiatre, sans jamais en prendre conscience, en voulant être un anti Göring, s'identifiera à Göring. Dans la manipulation, indiscutablement, c'est le nazi le plus fort. Le psychiatre ne voudra jamais l'admettre et s'y perdra. Ce face à face en huis clos est un duel à fleurets mouchetés, nous sommes entre gens de bonne éducation, mais dont la finalité est claire. Sortir vainqueur du duel et ainsi prouver sa supériorité sur l'autre, qu'on est le meilleur, le plus brillant, le plus intelligent, le plus fort. Un combat qui ne finira pas avec la mort de Göring qui se suicide, refusant la pendaison non par peur mais par un orgueil démesuré. La lutte s'éteindra avec la mort de Kelley qui s'empoisonne au cyanure, comme Göring. Il y a sans doute de multiples raisons au suicide de Kelley, mais son échec à détecter et à définir chez un humain ce qui caractérise le mal absolu n'y est certainement pas pour rien. Ce paranoïaque n'a pas pu le supporter, d'autant que ses théories étaient de plus en plus remises en cause. Ajoutez à cela le ratage complet de son mariage, de sa vie de famille...

Göring se fichait éperdument du bien et du mal et a servi le mal. Kelley, à force de vouloir servir le bien a servi le mal. Et, comme les nazis du reste, s'octroyant une caution scientifque. Göring fut l'un des pires bourreaux de l'humanité. Kelley en voulant à toutes fins définir ce qu'est le mal absolu pour en protéger l'humanité et sa famille sera le bourreau de sa femme et de ses enfants. Sera son propre bourreau.

 

Ce livre n'est ni un livre d'histoire ni de philosophie. C'est un livre de voyage. Un passionnant voyage dans les abîmes de la psyché humaine. C'est un avertissement aussi. Puisque rien chez un humain particulier le prédispose au mal, cela signifie que tous, nous y sommes prédisposés.

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20 novembre 2017

PARIS SUR SEINE

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Paris sur Seine.


C'est triste.

 

La reine du monde est nue et peroxydée.

 

C 'est triste Paris quand on y gèle sur pied parce que l'on y fuit la vieillotte province de ses amours crevées comme une baudruche d'enfant. Et toutes les condoléances de ses meilleurs amis qui, désolés, ne peuvent rien faire, mais restent là au cas où...

 

A tourner pour trouver on ne sait quoi dans Pigalle, la rue Saint Denis ou celle de la Gaîté, à erre entre les travs du bois de Boulogne, on se taille un costume. Tristesse, nausée, dégoût de soi. Impuissance.

 

Le long des quais on suit la Seine et dans son eau trouble et nauséabonde, une image. Cette fille. Une neurasthénique taillée comme une nageuse soviétique. Elle n'est pas belle. Elle n'est pas moche. Seulement sans saveur. Le bonheur pour elle, c'est trop grand, trop fatiguant. Elle fait semblant de croire qu'il l'aime, même si il ne lui a jamais dit, ne lui dit jamais et je lui dira jamais. Il la baise, parce qu'ils rien à faire, rien à dire. Quelques fois, dans un moment de distraction, quand il faut tenter de se tuer l'insomnie. Pas d'orgasme, mais une petite jouissance. Cela suffit pour qu'elle s'accroche à lui. A lui qui s'en fout. Il a baise, la fait boire. Ça doit suffire à son bonheur.

 

A ses pieds, le fleuve. Tentation de s'y jeter.

 

Il résiste.

 

L'eau est trop froide et sale.

 

Elle pue.

 

Ce doit être affreusement désagréable de mourir lentement, interminablement, dans l'odeur glacée d'hydrocarbure et de poisson pourri.

 

Et puis, il paraît que les noyés revoient toute leur vie défiler avant de mourir.

 

Et ça, ça, c'est bien la dernière chose dont qu'il puisse désirer

 

Tout revivre même à l'envers lui fait perdre l'envie de mourir.

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17 novembre 2017

FRANZ-OLIVIER GIESBERT / UN TRÈS GRAND AMOUR

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Moi, l'amour, le cancer de la prostate.

Ainsi aurait pu sous-titrer son livre ce cher FOG, excellent écrivain et grand chroniqueur des misères et autres vices de notre temps.

Un livre à lire.

Par les mecs histoire de leur mettre le nez dans leurs incohérences, leurs lâchetés, leur trouille d'aimer et d'être désirés, d'aimer et de désirer, leur plaintes et gémissements sur leur pauvre et malheureux nombril. Salutaire !

Par les femmes. Pour qu'elles pigent bien qu'un homme, si « c'est bête, égoïste et pas fiable », c'est parce que c'est faible. Un éternel petit garçon qui joue au grand viril et qui a besoin des femmes, rarement d'une seule au cours de sa vie, et parfois de plusieurs simultanément, pour se protéger de toutes ses angoisses existentielles. Un homme qui cherche toujours un grand amour qu'il trouve peut être moins rarement qu'il le croit. Mais il ne sait pas le reconnaître. Les hommes sont tous des madames Bovary. Et ils sont, quoiqu'ils en disent plis compliqués que les femmes. Le sexe faible ? Suivez la démonstration de FOG.

Un portrait sans concession du mâle humain capable d'épuiser les plus fortes énergies féminines, de lasser les plus tenaces indulgences compatissantes des femmes.

Avec un sens de l'autodérision (« Tous les personnages de ce livre sont imaginaires, sauf l'amour, le cancer et moi-même.)

Dévoré en trois jours. Un régal de roman de la psychologie des profondeurs masculines.

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16 novembre 2017

BEREZINA / SYLVAIN TESSON

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Moscou / Paris, de la Place rouge aux Invalides, dans un side-car de la grande époque soviétique qui ne démarre pas toujours mais impossible à arrêter quand c'est parti, au confort de la même époque dans des conditions météorologiques au delà de l'épouvantable, voilà le voyage de Tesson et de ses potes qui refont le chemin de la retraite de Russie pour en commémorer le bicentenaire. Il fallait quand même y penser !

Fous me direz-vous ? Oui, ces types là sont fous sans nul doute. Mais la folie de préférer une telle aventure au confort du canapé, téléphone portable et ordinateur en main, voilà une folie qui moi, me va !

Tesson nous raconte dans ce livre haletant, épuisant, non seulement ses pérégrinations sur les traces de la grande armé et de son empereur, il nous décrit aussi celles de cette grande armée et de cet empereur des français. J'ai écrit épuisant, oui, parce que Tesson a un tel talent de conteur que l'on s'épuise dans ces deux chevauchées qui se superposent. Et quand Paris approche, éh bien le lecteur lui aussi est impatient d'arriver enfin, de rentrer chez lui et l'aller se prendre une douche très longue et très chaude. Lui aussi soulagé, heureux mais nostalgique de cette grande équipée qui se termine là. Lui aussi pensant à la nouvelle aventure, donc au prochain bouquin de Tesson.

Ajoutez à cela un humour à couper au couteau et quelques réflexions philosophiques sans en avoir l'air qui recadrent bien ce que nous sommes et ce que nous fumes. Et cet amour de la Russie et de ces étrangetés, et de la vodka aussi, qui possèdent notre auteur-voyageur jusqu'au plus profond des tripes.

Un cocktail littéraire à déguster sans modération. Jusqu'à la dernière goute, une goutte de regret d'avoir déjà fini son verre.

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12 novembre 2017

CLAUDE QUÉTEL / HISTOIRE DE LA FOLIE

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Aristote, Platon, Hippocrate et la folie des dieux, les temples d'Asclépios et la médecine des humeurs, la folie de dieu et la folie prix et expression du péché au Moyen Age, l'exclusion et l'enfermenent des fous dans les hôpitaux, maisons de force et autres relais des dépôts de mendicité, l'esprit de réforme quant à la prise en charge des fous à l'époque des Lumières, Pinel, Esquirol, Charcot, de Clérembault, Moreau de Tours et l'âge d'or de l'aliénisme après la moi de 1838, les thérapies de choc, l'épisode de la seconde guerre mondiale avant la révolution neuroleptique, thérapies institutionnelles, la psychanalyse, les TCC, l'antipsychiatrie, le DSM.

 

Quétel n'écrit pas une histoire de la folie, mais la longue histoire de la folie, des fous et de ceux qui étaient et sont réputés les soigner. Quelle place les différentes époques ont accordé au fou, comment chaque période de l'histoire a-t-elle abordé la folie, autour de quels enjeux médicaux, philosophiques, idéologiques, politiques, économiques ?

 

Ce livre est passionnant, il nous promène à travers les siècles sans jamais nous lasser ni nous égarer. Il est aussi l'antithèse de l'évangile selon Saint Foucault qui fut peut être bon philosophe mais très mauvais historien. Un livre non partisan qui décrit objectivement les différentes chapelles qui tout au long de l'histoire se sont joyeusement étripé pour établir leur monopole, donc leur pouvoir, exclusif sur la folie et la psychiatrie. Quétel termine sur l'avenir de la psychiatrie. Quel sera cet avenir et la psychiatrie a-t-elle encore l'avenir devant elle ? Que sont devenus les fous dans le passage de la psychiatrie à la santé mentale ? L'auteur ne termine pas son livre sur des réponses définitives, forcément il n'est pas psy lui, mais sur quelques questions auxquelles seul l'avenir, peut être, apportera des réponses.

 

Ce livre est excellent, voire indispensable à qui veut en connaître un peu plus sur le sujet. Et pour une raison très simple, il n'est pas écrit par un psy machin qui par essence serait partisan. Mais par un historien dont le seul objectif est de décrire les faits. Rien que les faits.

 

Et en plus il n'est nul besoin d'être un « pro de la chose ». C'est un livre d'histoire, pas un manuel de psy.

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11 novembre 2017

SUIS-JE FOU ?

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Qui est fou ?


Qui ne l'est pas?

 

Et moi-même, suis fou ou non fou ? De quelle côté suis-je, de cette frontière très floue, très variable entre le fou et le non fou ? Et d'abord où se situe cette frontière ? Si tant est qu'elle existe, qu'elle soit réelle. Car reste à démonter au delà des apparences qu'il existe quelque chose qui distingue le fou du non fou, le sensé de l'insensé.

 

Suis-je fou ou non fou, sensé ou insensé ?

 

Connais toi et tu connaitras l'univers et les dieux. Soit. Mais l'univers et les dieux sont déraisonnables. Connaitre leur déraison c'est connaître et reconnaître la mienne.

 

Je ne suis pas libéré de mes chaines psychotiques, de ma camisole névrotique, je ne suis pas encore sorti de ce long labyrinthe asilaire dont nul ne me semble pouvoir s'échapper. Cet interminable couloir sans porte d'entrée ni porte de sortie, ni sur les côtés, semblable à ces trains de l'horreur des fêtes foraines. Et ou s'agitent, s'excitent ces démons qui me détruisent et me forcent à vivre, qui me tuent et qui me font renaître.

 

Je ne suis pas délivré de mes onanismes compulsifs, frénétiques et morbides, de ces angoisses qui foncent sur moi le matin comme le soleil se lève, de tous ces démons qui s'agitent et s'excitent pour me tuer et me faire vivre, pour ne détruire et me créer.

 

Je ne suis pas guéri de mes épuisantes et pourtant indispensables déambulations, errances, divagations le long de ces vitrines où je reconnais infailliblement le visage familier et pourtant inquiétant de ma fantasmagorie à la fois douloureuse et jouissive.

 

Ni de mes amours d'alexithymique anthropophage, ni de mes désirs d'impuissant carnivore, qui ne veulent jamais vivre et ne jamais mourir quand je veux les assassiner, quand moi, je ne veux ni vivre ni mourir. Parce que je n'arrive jamais à me décider entre le vivre et le mourir.

 

Pourtant, personne, même si tous le pensent, moi mis à part mais sans le savoir avec certitude, n'osera sérieusement me traiter de fou. Ou me déclarer sensé.

 

Au nom de quoi,

 

quant à moi,

 

de quel divin décret, de quelle loi humaine pourrais-je m'affirmer sensé ?

 

Non fou ?

 

Ou l'inverse ?

 

 

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