Maquillage-effrayant-machoire-gante-et-gueule-de-monstre

Ce n'est qu'une une gueule mais gigantesque, obscure, béante, où brillent ces crocs brûlants qui de ta naissance à ton dernier soupir te lacèrent le corps et l'esprit, pendant que dans ton estomac s'enfoncent les doigts crochus et effilés de la culpabilité et t'y injectent leur poison lancinant. Une gueule qui te souffle son haleine puante, purulente et corrosive.

 

Ce monstre terrifiant, c'est... Maman a dit.

 

Donner pour ne pas recevoir, souffrir pour ne pas jouir, nuire à ce prochain que tu dois aimer plus que toi-même au nom de la charité chrétienne.

 

Ne demande rien, ne réclame rien, ne désire rien. L'envie est un péché capital qui te vaudra toutes les flammes de l'enfer.

 

En attendant, l'enfer, c'est ici et tout de suite pour une vie entière.

 

Ne touche pas ton petit robinet, dors les mains sur les draps, ne pollue pas tes draps de tes impuretés de garçon, mouche ton nez et dis bonjour à la dame sans regarder sous ses jupes, agenouille-toi sous la robe de monsieur le curé, n'oublie pas ta prière.

 

Pour que dieu te pardonne. Et que le ciel post mortem te soit acquis parce que dieu est bon et généreux.

 

Principes inviolables et sacrés, sous peine de damnation éternelle, édictés par une créature menaçante, maléfique, mortifère que tu appelles maman.

 

Voilà comment elle a fait de toi ce mendiant, ce mendiant de la vie, de l'amour, du baiser, de la caresse, anaphrodisiaque et frigide.

 

Ce tétraplégique du cœur.

 

Dans ta chair martyrisée.

 

Pauvre de toi qui n'as pas eu la chance de naître orphelin.