Neige-de-printempsUn Japon à la fin de l'ère Meiji, un pied dans la tradition et déjà l'autre dans la modernité. Deux mondes, la vieille noblesse et la nouvelle aristocratie. Le poids des traditions et l'appel de l'occidentalisation. En toile de fond d'un amour impossible et tragique. Deux jeunes amants s'aiment, se désirent, se reprennent, se repoussent, se reprennent. Prisonniers du devoir d'obéissance à leurs parents, à la société, à l'empereur qui ne peut que s'opposer à leur amour. Prisonniers de leurs propres méandres qui ne peuvent que rendre leur amour impossible. Tout, pour eux, tout était perdu d'avance. Cet amour ne pouvait être qu'une catastrophe annoncée. Ils le savent. Ils ne s'opposent pas la fatalité. Ils ne cherchent pas à fuir leur destinée. Une histoire d'amour et une histoire d'amitié aussi entre deux jeunes hommes que tout, absolument tout devrait séparer. Et pourtant unis, inséparables. L'un aidera l'&utre à aller jusqu'au bout de son destin. En toute conscience. Il sait où va son ami. Il ne cherche pas à le retenir. Il l'accompagne. Fraternité du malheur partagé dans laquelle on ne se lâche pas la main.

C'est beau, c'est magique, d'une grande et très délicate poésie. La neige elle-même en devient charnelle, sensuelle, dramatiquement charnelle et sensuelle.

Un grand roman de Yukio Mishima.

Qui tient de la tragédie grecque. Non, c'est une tragédie grecque à la japonaise dans laquelle Vénus est toute entière attachée à ses proies.