Petite-fille d'une concubine et d'un " Seigneur de la guerre ", fille de hauts responsables communistes, Jung Chang. Elle est arrachée à son bonheur, certes inconscient, au nom de la révolution culturelle et son règne de terreur. Ses parents seront internés dans « un camp de rééducation », elle même sera arrachée à ses études et déportée à la campagne où elle sera paysanne, " médecin aux pieds nus ", ouvrière, malgré tous ses efforts toujours suspecte parce que fille d'apparatchiks.

 

C'est toute l'histoire de la Chine de la fin du régime impérial à la mort de Mao. C'est aussi l'histoire d'une famille bouleversée par la folie de Mao, le fanatisme des Gardes rouges, le règne de tous les pauvres types des deux sexes qui, comme dans toutes les époques troublées, prennent leur revanche, exhale leur ressentiment, règlent de petits comptes personnels.

 

C'est aussi l'histoire d'une enfant qui traversera son adolescence et deviendra femme durant cette période, qui comprendra peu à peu ce qui se passe, comment ça se passe. Elle en gagnera en lucidité et perdra toutes ses illusions sur Mao et sa clique de psychopathes.Mais on lui aura volé sa jeunesse.

 

Je croyais en savoir beaucoup sur Mao, la révolution culturelle. En fait, je ne savais pas grand chose. Ce livre est écrit de l'intérieur, par une chinoise qui a subi toutes les horreurs du totalitarisme maoïste. Lire un ouvrage d'historien sur la Chine de Mao et lire l'autobiographie d'une chinoise, ce n'est pas tout à fait la même chose. Ce livre n'est pas un livre de sinologue érudit, non, c'est un livre de chair, de sang, de larmes et aussi... malgré Mao et sa clique qui avaient décrété le bonheur, l'amitié, l'amour, bref tout ce qui fait la vie, comme étant les valeurs bourgeoises des véhicules du capitalisme, un livre sur l'invincible rage de vivre.

 

 

 

 

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