12 mars 2017

LA LONGUE NUIT DU SCHIZOPHRÈNE

  Le schizophrène dort peu, si peu.   Dans sa longue nuit, le schizophrène n'est pas insomniaque. Il ne dort pas parce qu'il n'a ni jour ni nuit. La longue nuit du schizophrène est aussi un jour sans fin. Au milieu du monde, d'un absurde théâtre auquel il ne comprend rien, dans lequel tout lui inconnu et étrange. Un absurde théâtre, un autre monde dont il ne peut pas s'évader, qui l'a happé, et dans lequel tout est noir et par essence terrifiant. Un monde de la nuit dont il est persuadé de ne jamais en revenir pour... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 20:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 mars 2017

RENDEZ-MOI MON ENFANT !

  Un hurlement, des bras tendus vers le ciel, des mains désespérément suppliantes, un visage déformé par la douleur, méconnaissable, insoutenable de trop d'angoisse.   Mais quel crime avait-elle donc commis cette fille de vingts ans, jolie et intelligente ? Pour se trouver internée à l'hôpital psychiatrique, pour souffrir mille morts, quelle faute devait-elle expier par un tel martyre ? Pourquoi voulait-elle, légitimement, qu'un lui rende son enfant ? Pourquoi ne le lui rendait-on pas ?   C'était... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 19:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 mars 2017

SYLVIE

    J'étais élève infirmier deuxième année dans le service de ma surveillante de sœur avec mon comparse Jean François. Avec Sylvie, notre première véritable prise en charge. Nous avons dû nous débrouiller tout seuls. Sous l'oeil discret mais attentif de l'équipe.   On nous a annoncé l'arrivée Sylvie, autiste  profonde.», seize ans. Le patron et la surveillante, à la relève, nous ont expliqué la situation. Sylvie refusait de sortir de sa chambre, de dormir dans un lit, mangeait avec ses doigts, ne supportait... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 17:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
01 mars 2017

LA FOLIE ET MOI

    Une longue, très longue histoire.   Quatre décennies. Quarante ans dans la folie, plongé jusqu'au cou dans la folie, parfois douce, parfois furieuse, toujours douloureuse. Croyez-vous que j'en sois sorti sous prétexte de retraite ? Que nenni ! C'est un univers dont, une fois que l'on y a mis les pieds, on n'en sort plus jamais. On en reste marqué, de façon indélébile, pour la vie. Et je fais pas exception. J'en ai vu partir des vieux collègues. Heureux de quitter le métier parce que fatigués. J'en ai... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 19:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
28 février 2017

DÉSALIÉNER LE FOU DE SA FOLIE

    Je n'étais pas psychiatre. Je n'étais qu'un infirmier de secteur psychiatrique.   De base. Sans fausse modestie. Je n'ai jamais voulu grimper dans la hiérarchie. Tout simplement.   Pendant ces quatre décennies qui viennent de s'achever et que j'ai vécues chaque jour dans le monde profond et parfois très sombre de la folie, je n'ai cherché à sauver personne, je n'ai voulu guérir personne. Je n'ai jamais désiré vaincre la folie. Personne ne peut la vaincre. Seuls les psychiatres, dans leur incommensurable... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 04:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
23 février 2017

Le syndrome de Münchhausen

  Le syndrome de Münchhausen est un trouble psychologique qui consiste à simuler et à s’inventer des maladies dans le but d’être pris en charge par le corps médical. C’est une pathologie grave qui peut emmener la personne atteinte à prendre des médicaments ou à s’automutiler afin de provoquer les symptômes. Qu’est-ce que le syndrome de Münchhausen ? Le syndrome de Münchhausen tient son nom du baron de Münchhausen, un officier aux histoires abracadabrantes devenu le personnage principal d’un roman de Rudolph... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 12:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 février 2017

L'HYSTÉRIE / QUESTION DE TALENT

Il n'est pas donné à tout le monde d'être hystérique.   C'est une question de talent.   Et le talent, on l'a ou on ne l'a pas. On n'apprend pas à être hystérique. On est hystérique. Les plus grands hystériques ont cultivé soigneusement ce talent, peut ou peut être pas naturel. Je dis les plus grands hystériques parce qu'en grammaire française, le masculin l'emporte encore sur le féminin et qu'il est grand temps de reconnaître et d'admettre que les femmes n'ont pas l'exclusivité de l'hystérie. Les hommes aussi. Parmi... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 19:54 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
20 février 2017

QUARANTE ANS DE PSYCHIATRIE / COMPRENDRE

   Quatre décennies à vivre immergé dans la folie. A vivre avec. A en être imprégné jusqu'à la vivre. La folie si familière et pourtant si étrangère.   Et pourtant. Je suis incapable de comprendre et a fortiori d'expliquer la folie. On m'a cent mille fois posé la question qui tue, qu'est-ce que la folie. Je suis aujourd’hui encore incapable d'y répondre.   Jamais on ne comprendra réellement pourquoi certains hommes semblent voués à la folie.   Les tentatives d'explication ne manquent pas. Entre la... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 00:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
10 février 2017

QUARANTE ANS DE PSYCHIATRIE / NON, CE N'EST PAS DIFFICILE

Tu as fait un métier difficile. Ce devait être dur. Dangereux aussi.   Non, ce ne fut pas dur, pas dangereux. Même pas difficile.   Non, ce n'est pas difficile, dur ou dangereux de vivre avec la folie.   Il suffit de ne pas en avoir peur. Et il n'y a aucune raison d'en avoir peur. C'est par peur que l'on a enfermé les fous si longtemps derrière les hauts murs aveugles des asiles. Pour se protéger de quoi, de qui ? Il n'y a davantage de criminels de tous poils chez les fous que chez les autres.... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 20:23 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
09 février 2017

QUARANTE ANS DE PSYCHIATRIE / PREMIÈRE ODEUR

Premier août.   Six heures trente du matin.   Il fait déjà très chaud même si le soleil se lève à peine au dessus d'une des collines qui entourent l'hôpital.   Il y a une demi heure j'ai pris mon premier poste en service après une semaine de stage au centre de formation.   Je suis élève infirmier de secteur psychiatrique. Sans le savoir, comment pourrais-je seulement l'envisager, je suis parti pour quarante ans de carrière, quarante de vie au milieu des fous, quarante ans à me colleter la folie.   ... [Lire la suite]
Posté par fsetrin à 18:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]