22 juin 2017

CAPITULATION

   Le temps   le temps de fumer une cigarette en allant faire un tour du côté de sa mémoire, avec ses spectres en poche, pour n'être plus là jusqu'à la chute finale   inévitable   quand on est brisé du cœur.   Et puis revenir chez soi, cet inconnu qui vous saute à la gorge, dans cet entre enfer et lumière peuplé des femmes que l'on aimées, cru aimer ou fait semblant d'aimer.   Des hommes que l'on a désirés.   Et des chiens que l'on a caressés.   Alors, dans le noir de... [Lire la suite]
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17 juin 2017

L'ERREUR FATALE

  Un homme, une femme, une erreur.   L'erreur du premier soir qui va trop vite, qui va trop loin.   Fatale.   Avec, sur le moment, pas la moindre gêne.   Et juste après un peu de honte. La honte de la stupidité accomplie qui vient de leur sauter à la figure.   Juste un peu de honte, de cette honte que l'on dissimule dans un vrai silence et sous un faux sourire, en partageant une cigarette dans le débraillé humide des draps. Une cigarette à deux, pour se donner l'illusion de l'intimité. ... [Lire la suite]
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10 juin 2017

UNE CHOSE ÉTRANGE

    Entre le désespoir insondable de venir au monde et l'indicible bonheur éprouvé dans la consolation de mourir un jour, la vie que l'on vous a donnée sans que vous l'ayez demandée, conséquence des aléas de la copulation, est une chose étrange.   Personne ne m'a posé la question.   Naitre ou ne pas naitre ?   Je ne suis pas venu au monde.   C'est aux forceps, sans me demander ce que j'en pensais, un jour de février en fin de matinée, qu'ils m'ont extraient du néant.   Il y avait... [Lire la suite]
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05 juin 2017

L'IDÉE DE MEURTRE

  S'il est une idée qui me fascine, outre celle du suicide, c'est celle du meurtre. Elles sont d'ailleurs très proches l'une de l'autre. L'acte est le même, seul change l’objet de l'acte. Mais quand on pense... L'un n'est pas plus absurde que l'autre finalement.   Il s'agit simplement de trancher un fil et puis c'est tout, c'est fini. Pour moi ou pour l'autre.   Le meurtre.   Un acte simple et qui, parfois, peut être libérateur. Libérateur d'une tension. Avoir envie de tuer c'est comme avoir envie de faire... [Lire la suite]
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05 juin 2017

LUMIÈRE DOUBLE

Cette fille était superbe.   Devant elle, je me sentais face à un miroir qui mettait à nu toute ma médiocrité.   Elle magnétisait tous les regards mâles mais dans les yeux des femmes aussi, brillait une admiration d'où était, pour une fois, exclue toute jalousie.   Solaire.   Solaire était le premier mot qui venait à l'esprit de tous dans la semi pénombre d'un bar branché.   Un certain androgynat flottait dans sa féminité lumineuse. Une trace à peine visible de virilité douce. Elle en était au delà... [Lire la suite]
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02 juin 2017

PAYSAGE URBAIN

  A la terrasse d'un bar,   un jour à crever sous juillet, à trouver un drôle de goût à la bière sans mousse, à détester l'ensemble de l'humanité qui transpire à m'en donner la nausée, à ne plus ressentir le moindre frémissement de bandaison pour la fille d'à côté.   La ville.   Entre nulle part et ailleurs de nulle part.   Personne ne peut y naitre mais tout le monde y meurt.   Vieille pute allongée sur un béton sans herbe, sans fleur, sans arbre.   Dans la poussière grasse.   ... [Lire la suite]
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27 mai 2017

PENSÉES SOUS LA PLUIE

    Vingt heures vingt quatre.   Huitième étage chambre 8214, hôtel Ibis, ville anonyme.   Seul devant la fenêtre qui ne s'ouvre pas.   A regarder la ville où se collent aux néons cette pluie fine et pénétrante qui ne se voit qu'à peine mais qui trempe et détrempe tout. Qui tombe, inlassable, collante, des nuits et des jours entiers. Et qui recouvre tout d'un voile terne qui efface toutes les formes, comme un regard de myope qui n'a pas ses lunettes.   Vingt heures vingt quatre. A cette heure... [Lire la suite]
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30 avril 2017

L'ESCARGOT

  Alors, comme il ne parlait pas, n'agissait pas, ne sollicitait pas, ne demandait jamais rien mais attendait que ça vienne et faisait la gueule si ça ne venait pas assez vite, comme il ne réagissait que très peu à ses sollicitations, elle écrivit une lettre à L'Escargot.   Salut, L'Escargot,   Je t'appelle L'Escargot parce que tu es un putain escargot. Qui ne dit rien, ne fait rien, qui subit.   Un escargot à la parole de limace. Lente et non articulée.   Un putain d'escargot baveur, qui me mouille... [Lire la suite]
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28 avril 2017

IL EST PARTI

  Elle   elle est restée sur place, en vide absolu de compréhension.   Et avec le goût amer de l'inabouti.   Il l'a laissée seule en scène bien avant la fin présumée de leur pièce.   Ils ne s'étaient rien refusé et tout donné. Toujours le meilleur, jamais le pire.   Pourquoi ?   Il a disparu, dans un silence comme un épais brouillard de nuit, sans un mot, sans une larme de déchirement ou un cri de colère, un soupir de douleur ou un regard de regret. Et sans se retourner. Surtout... [Lire la suite]
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27 avril 2017

DE LA LUCIDITÉ

   Cruelle, douloureuse.   Mortelle.   La lucidité est une malédiction. Malheur au lucide !   Malheur au lucide, sans illusion, sans croyance, sans espoir, il lui sera tout reproché, il sera mis au ban de l’humanité rêveuse, de l’humanité croyante, de l'humanité espérante, de l'humanité aimante. De l'humanité bêlante et subissante. Il refuse d'en être, il n'accepte pas de lui appartenir. Heureux et fier qu'elle le rejette.   Condamné à la solitude puisqu'il ne croit en rien. C'est... [Lire la suite]
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