10 août 2017

ABANDONNÉ

  Quatre murs, un couple, usé par le trop long des soirs sans parole.   On a beau vivre dans les beaux quartiers, la nuit, c'est Stilnox Love ou Night Beuverie pour les miséreux.   Il est seul face à un miroir gris, triste comme un ciel de pays minier.   A ruminer des mots qu'il ne lui dira pas.   ces mots de pauvre type, ces mots de pauvre mec, ces mots de minable qui ne sait se coucher que dans le désespoir sur un oreiller d'impuissance.   Ne me laisse pas boire seul,   chérie. ... [Lire la suite]
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03 août 2017

LA BELLE MORT

    Rien ne justifie la vie.   Le simple fait de vivre est une absurdité fondamentale.   Mais tout légitime la mort par suicide.   Le suicide est une explosion lyrique qui surgit à la suite d'expériences essentielles, lorsque l'agitation intime de l'être atteint son paroxysme, quand les plaies et la souffrance ne sont plus que de simples manifestations externes mais qu'elles s'intègrent à la chair même de l'individu.   Le moment unique où l'on tient sa vie qui brûle enfin entre ses mains. ... [Lire la suite]
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31 juillet 2017

LE VISAGE DU DIABLE

Il y avait chez ce jeune garçon quelque chose de …   … diaboliquement féminin.   Et pourtant d’extrêmement viril dans sa grande jeunesse.   On se serait cru en présence d'un de ces êtres aboutis, achevés, plus loin , plus haut, plus profond que tous les autres.   Auprès de qui on a la sensation de prendre un bain de feu.   Une de ces créatures auxquelles, par instinct, on ne peut rien refuser, à qui tout, absolument tout, est accordé d'avance.   Pour qui et à qui l'on vendrait son corps et... [Lire la suite]
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29 juillet 2017

SOLITIUDE DANS LA VILLE

   Et me voilà parti, reparti, anonyme dans la foule qui l'ignore, qui m'ignore, pour laquelle je n'existe pas, et qui pour moi n'est rien d'autre que du vide, du néant. La foule n'a que l'existence qu'on lui reconnaît. Mais la foule, par essence, n'a pas d'existence. Elle ne pense pas, ne parle pas, n'agit pas. Elle n'a pas de vie, ou alors une vie très végétative, entre le minéral et le végétal, dépourvue du temps et d'espace. Donc de conscience. On ne communique pas avec ce monstre difforme, léthargique, agité de... [Lire la suite]
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28 juillet 2017

LA FOULE

Je hais la foule.   Je ne peux pas me mélanger à la foule.   Il y a trop de promiscuité, tout le monde touche tout le monde. Je déteste.   La foule est lâche et couarde.   C'est cette foule de pauvres gens qui tond les femmes et se cache dans les caves comme des rats.   Toujours assoiffée de vengeance, elle veut des échafauds, des piloris, des croix, des guillotines. Elle n'a pas d'autre rêve, d'autre plaisir. Elle aime le sang et maudit le foutre et la cyprine.   Elle sue la frustration et... [Lire la suite]
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03 juillet 2017

LES ANGES NOIRS

  Un hôtel banal près d'une gare.   Chambre avec vue sur le mur d'en face, fenêtre barrée par l'escalier de secours, une odeur persistante d'urine, d'humain ou de chat, et puis ce temps dehors dans une ville inconnue, perdue à désespérer l'hiver.   Il pensait ce soir faire l'amour avec elle, ou avec lui, c'était selon. Au hasard des rencontres.   Il n'aurait pas dû croire au hasard.   La vie en train de se refermer, comme un livre avant la fin de l'histoire.   Un livre obscène qui raconte des... [Lire la suite]
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22 juin 2017

CAPITULATION

   Le temps   le temps de fumer une cigarette en allant faire un tour du côté de sa mémoire, avec ses spectres en poche, pour n'être plus là jusqu'à la chute finale   inévitable   quand on est brisé du cœur.   Et puis revenir chez soi, cet inconnu qui vous saute à la gorge, dans cet entre enfer et lumière peuplé des femmes que l'on aimées, cru aimer ou fait semblant d'aimer.   Des hommes que l'on a désirés.   Et des chiens que l'on a caressés.   Alors, dans le noir de... [Lire la suite]
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17 juin 2017

L'ERREUR FATALE

  Un homme, une femme, une erreur.   L'erreur du premier soir qui va trop vite, qui va trop loin.   Fatale.   Avec, sur le moment, pas la moindre gêne.   Et juste après un peu de honte. La honte de la stupidité accomplie qui vient de leur sauter à la figure.   Juste un peu de honte, de cette honte que l'on dissimule dans un vrai silence et sous un faux sourire, en partageant une cigarette dans le débraillé humide des draps. Une cigarette à deux, pour se donner l'illusion de l'intimité. ... [Lire la suite]
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10 juin 2017

UNE CHOSE ÉTRANGE

    Entre le désespoir insondable de venir au monde et l'indicible bonheur éprouvé dans la consolation de mourir un jour, la vie que l'on vous a donnée sans que vous l'ayez demandée, conséquence des aléas de la copulation, est une chose étrange.   Personne ne m'a posé la question.   Naitre ou ne pas naitre ?   Je ne suis pas venu au monde.   C'est aux forceps, sans me demander ce que j'en pensais, un jour de février en fin de matinée, qu'ils m'ont extraient du néant.   Il y avait... [Lire la suite]
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05 juin 2017

L'IDÉE DE MEURTRE

  S'il est une idée qui me fascine, outre celle du suicide, c'est celle du meurtre. Elles sont d'ailleurs très proches l'une de l'autre. L'acte est le même, seul change l’objet de l'acte. Mais quand on pense... L'un n'est pas plus absurde que l'autre finalement.   Il s'agit simplement de trancher un fil et puis c'est tout, c'est fini. Pour moi ou pour l'autre.   Le meurtre.   Un acte simple et qui, parfois, peut être libérateur. Libérateur d'une tension. Avoir envie de tuer c'est comme avoir envie de faire... [Lire la suite]
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