25443_1488190

Naitre et grandir dans une famille d’émigrés italiens au fin fond du Colorado, ce n'est pas un bon départ dans la vie. Entre un père macho et brutal, une mère qui fut belle mais usée par la vie, Dago Red va à l'église, à l’école catholique, a peur de dieu jusqu'à la superstition mais marchande toujours avec lui, prend et donne des raclées et rêve, rêve de devenir une super star du base-ball.

Fante a un sacré talent pour décrire, à travers ses personnages, ce qui fut somme toute son enfance. Sans jamais sombrer dans le misérabilisme, la plainte, sans guimauve,, sans eau de rose, sans trémolos. Dans un mélange savant d'amertume, d’ironie, d'humour, de cynisme aussi parfois. Que voulez-vous, la vie est dure et elle ne fait pas de cadeau aux enfants de choeur. Il faut savoir se défendre et la meilleure défense, c'est l'attaque. Le monde est violent et pour y survivre il faut savoir y jouer des pieds et des poings. Un monde dans lequel dieu ne peut être qu'un père fouettard de qui on ne peut attendre aucun secours, aucune aide mais des châtiments. Servi par des religieux bien loin de l'amour du prochain, de la charité chrétienne et le la douceur christique. Il y a des pages où ils en prennent pour leur grade, les curés et les nonnes. C'est réjouissant.

Nul mieux que Fante ne sait décrire les drames de l'enfance, ses espoirs insensés, sa frustration d'amour et de tendresse, ses désirs irrésistibles et impétueux, mais aussi sa roublardise, ses combines, souvent foireuses et pas très honnêtes, pour s'en sortir.

L'image d'un monde qui, finalement, n'a peut être pas vraiment changé.