DSC_0069

Il n'est pas pas certain qu'on pouvait la dire belle.

Non, ce n'était pas une beauté grecque.

Elle avait simplement, si l'on peut dire, ce que le vulgaire, incapable de le ressentir, de le comprendre, ce quelque chose qui fait que.

Elle était charnellement solaire, solairement charnelle.

Elle était de chair et de soleil. Du soleil de la chair. De la chair du soleil.

Elle portait, comme une robe d'été, mais, peut être, était-ce une hallucination olfactive chez lui, cette odeur délicieuse, presque lascive, de mer, de plage et de pins maritimes mêlés, cuits dans le four voluptueux de la chaleur de juillet.

Le parfum puissant de la vie quand elle murmure pour se faire mieux écouter.

 

Une mutation qu'il n'avait pas demandée. Mais il n'avait pas le choix. Les voies du management sont impénétrables.

Première rencontre.

Il était le nouveau, le nouveau pas vraiment attendu. Pas très à l'aise. Et il n'avait pas franchement l'esprit au papillonnage ni à la gaudriole. C'est elle qui l'a accueilli.

Il n'a pas entendu ses mots de bienvenue. Il a juste entendu sa voix.

Elle n'a eu nul besoin de craquer une allumette. Il a eu envie d'elle. Immédiatement emporté par un formidable phénomène d'auto combustion. Ce qui n'était pas son genre. Généralement, il lui fallait plus de temps pour s'enflammer pour une femme. Il avait besoin de la connaître une peu avant. Le feu prenait lentement.

 

Là, effet instantané. Elle était devant lui. Et debout devant elle il devait avoir l'air d'un idiot complet qui à la voix qui casse, la bouche sèche et les mains moites. Avec ce désir d'elle à lui en faire exploser la boite crânienne.

 

Il a senti rapidement qu'il ne lui était pas indifférent. Sa façon de l'embrasser pour lui dire bonjour. Le coin de sa bouche qui effleurait le coin de ses lèvres. Pendant les réunions, elle venait systématiquement s'assoir à côté de lui. Sa main sur son bras et sa cuisse qui frôlait la sienne sous la table.

Un jeu de frôlé/touché.

 

Qui pouvait s'éterniser. Parce que, contrairement à ce qu'il montrait, il était terriblement timide avec les femmes qui lui plaisaient. Un spécialiste d'un pas en avant et deux pas en arrière.

 

Jusqu'au jour...

Jusqu'au jour où la hiérarchie les a envoyés en stage loin de leur base pour une formation aussi inutile qu’indispensable.

 

Jusqu'au soir...

Où ils ont siroté, dans le salon d'un hôtel bon marché, le whisky japonais d'elle avait apporté. Assez bu pour les désinhiber sans être ivres morts pour autant. Pour rester assez lucides pour avoir une claire conscience ce qu'ils faisaient. Et ne pas se demander dans la gueule de bois du réveil ce qui avait bien pu se passer la veille.

Dans un jeu de séduction mutuel qui tournait à plein régime.

Dans cette tension de ce que l'on ne veut pas s'avouer ni avouer à l'autre.

 

Ce fut elle, désespérant sans doute qu'il passe enfin à l'acte, qui l'a suivi dans sa chambre. Qui, en nouant ses bras autour de son cou, l'a embrassé.

Qui les a jetés sur le lit.

Pour se relever brusquement en se cachant le visage en murmurant un paradoxal je suis gênée. Avant de jeter sa robe par dessus les moulins.

Et de s'allonger nue sur lui.

Pour lui en faire voir à fleur de peau de toutes les couleurs, de tous les soleils, de toutes les étoiles, de toutes les fleurs par toutes les longitudes, sous toutes les latitudes, à toutes les altitudes.

 

Ce qu'il n'avait pas compris après, c'est qu'elle ait refusé de dormir avec lui et qu'elle ait rejoint dans son lit.

C'était un présage qu'il ne déchiffrais pas.

Il n'y a pire sot que celui qui refuse de comprendre que tout va être bien plus compliqué qu'il le croit. Tout à à sa surprise, à son...

… éblouissement.

 

Il n'imaginait pas qu'il s'engageait dans une étrange histoire de je t'aime moi non plus, de prends moi que je te laisse, de laisse-moi que je te prenne dont il ne reviendrait pas indemne.