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Ah si lycée on m'avait fait étudié ce livre ! Quel bonheur c'eût été pour moi. Hélas, si Diderot était au programme, le livre n'y était point inscrit. Et souvent les profs lui préféraient ce pisse vinaigre de Rousseau.

Les bijoux parlent et ils en racontent de belles !

Un roman libertin, voire franchement licencieux parfois. Sa réputation reste toujours un peu... sulfureuse. Certes, il est parfois très cru. On ne tourne pas inutilement autour du pot. Mais avec cette élégance de style qui n'appartient qu'à Diderot. On est très loin du roman pornographique et encore plus loin des éructations scatologiques sadiennes.

Pourtant...

Sans avoir l'air d'y toucher, Diderot, fidèle à lui même, ne se prive pas, dans cette langue limpide et fluide qui fut celle des Lumières, dénonce, avec un bel humour, l'hypocrisie du temps, ses travers, ses ridicules. Le pouvoir royal absolutiste en prend aussi, au passage, pour son grade. Quant à la religion, ce vieux Denis est fidèle à lui même !

Il ose y dénoncer la censure (son livre comme les autres fut interdit et lui valut des vacances dans la prison royale de Vincennes).

Les flèches adressées aux intellos snobinards gernamo-pratains de l'époque sont tout en douceur, certes, mais acérées et font mouches à tous les coups.

Sans oublier quelques « digressions » philosophies et littéraires dans lesquelles il affirme ses convictions profondes de matérialiste, d'amoureux de la liberté individuelle, parle de musique, de théâtre, d'art.

Donc, un livre érotique, nul ne peut le nier. Mais bien davantage.

Comme l'a dit Lessing, « un roman frivole où s'agitaient des questions graves ».

C'est là l'habileté du génial Diderot, de tous les auteurs du XVIII° siècle, mon préféré.

C'est un régal !

Ce livre est un bijou !