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Duma key, une ile quasi paradisiaque le long des côtes de Floride.

Edgar Freemantle, Wirema, Élisabeth Eastlake. Trois fracassés de la tête au propre comme au figuré. Et un tas de personnages secondaires certes mais indispensables dont tous ne sont pas obligatoirement bien droits dans leurs chaussures.

Après un gravissime accident de chantier qui aurait dû le laisser mort, Freemantle débarque du Minnesota sur Duma Key pour se refaire une santé physique et psychique. Et se met à peindre, à peindre comme un malade poussé par les démangeaisons de son bras fantôme. Des tableaux terribles, angoissants, effrayants que tous admirent et que personnes ne comprend. Il aura un succès incroyable.

Après l'écriture automatique, la peinture automatique. Aux conséquences pour le moins étranges. Des tableaux porteurs d'un pouvoir maléfique et destructeur. Qu'il faudra bien anéantir. En attendant, bonjour les dégâts !

Pour résumer, l’épouvante au soleil, à l'ombre des palmiers.

Un gros pavé, mais où King va-t-il chercher tout ça, qui ne se dévore pas mais se déguste lentement, quitte à en perdre le sommeil.

Un style clair, incisif, construit comme une suite de plans cinématographiques où l'auteur dit juste ce qu'il faut pour en dévoiler juste assez pour contraindre le lecteur à tourner les pages encore et encore. Parce que forcément, on a envie de savoir qui ou quoi provoque un tel merdier sur cette ile qui devrait être paisible.

Une allure de tragédie grecque. Chaque personnage va, poussé par une force diabolique, en toute connaissance de cause, jusqu'au bout de son destin. Il y a, dans ce livre, de la mythologie. On sent qui Stephen King a tété dès son plus son âge.

Je n'oublie pas un tableau des relations familiales post divorce, (autobiographique ?), les coups de griffes adressées à un certain président des USA surnommé Junior fils de senior et bien réel lui. Là, King peut se montrer jubilatoire ! Et un hymne à l'amitié pour couronner le tout.

Un gros livre intense qui vous prend la main et vous entraine dans des profondeurs abyssales de ce que les psychanalystes appellent l'inconscient sans résistance possible. Parsemé de petits bouts du lecteur qui s'y retrouve au détour d'une page et c'est l'effet coup de poing.

Un livre qui se lit avec gourmandise, non pas avec le cerveau mais avec le tube digestif.

J'en suis, quant à moi, sorti un peu sonné, quand même.

Mais comme ce fut bon !