téléchargement

Je suis la sale gamine, celle qui donne bien du souci, dont on ne fera jamais quelque chose, qui n'en fait qu'à sa tête. Celle qui n'a jamais été comme les autres. Qui n'en jamais eu assez, qui ne supporte pas ne pas être le centre du monde et qui par conséquent, se fait remarquer à n’importe quel prix. L'égoïste qui n'a d'autre préoccupation que son poids, toujours trop grosse, qui passe son temps à l'examiner dans un miroir, qui mange, et on se demande quoi et qui vit toute seule dans son coin, qui une douche dix fois par jour, obsédée par la saleté, qui ne partage rien avec personne, qui n'aile rien de ce que tout le monde aime, qui ne rie jamais et fait tout le temps une gueule d'enterrement. Qui ne veut pas travailler.

N'en jetez plus la cour est pleine.

 

Je suis leur désespoir. La...

… folle de la famille.

 

Anorexique mentale.

Tu es malade Héléna.

 

Ils n'ont rien compris.

Il est où leur problème ?

Je ne suis pas malade.

Je ne suis pas anorexique mentale.

 

Je suis une REBELLE !

 

JE GUEULE.

Je gueule NON.

 

NON, une négation sans concession.

 

Je crie dans le vide, en silence puisque le vide ne porte pas mes cris, les cris d'une absente à la vie, et que personne ne m'entend. Mais je m'en fous, je gueule quand même. Mais ils ne me feront pas taire. Je gueule parce que j'en ai marre d'avoir mal, je gueule pour ne pas crever, mais pour vivre, contrairement à ce qu'ils imaginent.

 

NON NON.

 

NON AU CORPS

et à la physiologie, cette usine à merde à pisse, à vomi, à transpiration, à sperme, à sang menstruel et autres sécrétions dégoûtantes.

 

NON AU SEXE.

Je les entends dans leur porno du soir, quand ils se bavent dessus en soufflant comme des phoques, en grognant comme des chiens enragés, en gémissant comme des rats affolés.

Non à mon sexe qui pisse le sang tous les mois, qui s'accroche au poil de ma chatte, qui me dégouline sur les cuisses quad je baisse ma culotte pour aller pisser.

 

Avoir un corps, c'est faire partie de monde des humains, du monde de la main monstrueusement immense et glacée, qui, la nuit, quand ma mère dormait, se glissait sous ma couette pour se glisser dans ma culotte.

 

Mais ils refusent de comprendre, EUX.

Les bâtards de la vie, cette bande de cloportes consanguins et dégénérés qui m'inspirent trop de dégoût pour mériter ma haine.

 

Je ne plongerai pas dans leur monde de merde, leur monde d'hypocrisies, de mensonges, de trahisons, de relations fausses, de sentiments creux, et de reproduction à la sauvette.

 

Je ne me transformerai pas en adulte grotesque.

Je ne deviendrai pas une femme obèse, avec de gros seins et de grosses fesses, une femelle reproductrice.

 

ETRE UNE FEMME

C'EST BIEN LA DERNIERE CHOSE QUE J'ENVISAGE.

VIVRE DANS UN CORPS DE FEMME,

C'EST VIVRE EN PRISON.

 

Je veux la LIBERTE !

La liberté de vivre

sans corps, sans physiologie, sans sexe.

 

SANS SOUFFRANCE.