51PDtGXq20L

Arturo Bandini ce fils d'émigrés italiens miséreux.

Il s'est installé à Los Angeles dans un hôtel miteux et il couche avec la taulière d'un âge presque canonique.

Convaincu de son génie, ou du moins de son talent d'écrivain.

Enfin reconnu, il est engagé comme scénariste à Hollywood. La gloire et la richesse n'attendent plus que lui. Las, l'usine à rêves est impitoyable. Il n'écrira en tout et pour tout qu'un scénario qui sera caviardé par une gloire du temps depuis longtemps oubliée. Le film est nul.

Et puis, Bandini et les femmes. Auxquelles il ne comprend rien, avec lesquelles il est d'une maladresse absolue. Qu'il s'obstine à voir comme il les fantasme et non comme elles sont.

Quand la réalité lui en met plein la tronche, c'est bien sûr dramatique mais surtout cocasse. Je l'avoue, j'ai beaucoup ri des malheurs d'Arturo.

Arturo claque la porte de cet antre du mensonge, de l'hypocrisie, du faux semblant, du clinquant, du non dit et des vacheries cruelles, pour rentrer dans son Colorado natal retrouver sa famille. Leurs retrouvailles sont des scènes d’anthologie. Je ne dévoilerai rien de la fin mais ça vaut aussi son pesant d'or.

Ecrit dans un style dur, cru, avec beaucoup d'humour, une lucidité au scalpel sur Hollywood et la famille Bandini, le père surtout intéressé par les dollars de son fils, la mère horriblement bigote. Avec en toile de fond l'Amérique où il ne fait pas bon d'être pauvre.

C'est enlevé, c'est drôle parfois mélancolique.

Du grand art, une fois encore.

C'est le troisième Bandini que je lis. Je suis addict. Un quatrième Bandini, l'écrivain le plus génial de tous les temps, qui n'a qu'une planche de salut, l'écriture, m'attend.