Vies-des-douze-Cesars

Suétone, la vie des douze Césars.

Souvenirs de lycée et de versions latines.

Douze empereurs de Rome, Rome centre et première puissance du monde. Maîtres tout puissants et absolus d'un immense empire, quasi divinités vivantes. Et pourtant, très peu sont morts paisiblement dans leur lit.

Suétone nous raconte cette longue suite de trahisons, d'adultères politiques, de meurtres, de parricides, de matricides, de fratricides, d'infanticides et j'en passe. On se tue beaucoup en famille chez les César et sans état d'âme. La lutte pour le pouvoir est sanglante. Et les femmes ne sont pas en reste (cf Agrippine). Si la femme de César devait être irréprochables la tradition ne fut pas respectée. Incestes, perversions sexuelles (cf Tibère), démences, délires, paranoïa, psychoses et névroses de tous genres. A eux douze les César sont un véritable album de la nosographie psychiatrique.

Conséquences d'une consanguinité qui complique singulièrement leur arbre généalogique et pourrit le royaume génétique de la dynastie.

Des centaines de siècles plus tard, Caligula, Tibère, Néron, entre autres, sont des noms qui résonnent encore sinistrement dans l'histoire. La plupart aujourd'hui se retrouveraient internés en psychiatrie ou traduits devant un tribunal pour toutes sortes de crimes.

Rome était violente et cruelle. Elle eut les empereurs qu'elle méritait.

Certains croiront sans doute que ce livre est réservé à un petit cercle de lettrés latinistes.

Erreur.

Avec une traduction sans reproche il est accessible à tous. Inutile d'avoir transpiré sur des versions latines pendant des heures.

Un thriller avec ses serial killers. C'est excellent et réjouissant pour qui aime ce style de littérature.

Mais aussi un livre d'histoire, un témoignage qui nous donne à réfléchir sur notre époque. Moins sanglant, heureusement.

Mais quant à moi, je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle entre Rome et les temps que nous vivons. Magouilles politiques, corruption, prévarications, clientélisme, démagogie, et on brûle toujours le prince élu que l'on adorait la veille. Quant au pain et aux jeux que réclamait le peuple, aujourd'hui c'est la coupe du monde, la télé poubelle et les aides de toutes sortes qui ne font pas des hommes des citoyens libres mais des assistés dépendants, donc soumis à l'état, le pire de tous les monstres comme l'a si bien bien écrit un certain Nietzsche.

Un historien dont le nom m'échappe a dit que la civilisation Romaine n'avait pas disparue. Elle perdure. C'est la nôtre.

Une leçon de l'histoire à méditer.