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Finis terrae, autrement le bout du bout de la terre. En français, le Finistère.

On lit, en quatrième de couverture que l'auteur a eu un coup de foudre pour le Finistère.

C'est évident, il suffit de lire son livre. Seule une femme amoureuse, et de talent, peut décrire avec cette poésie simple et lumineuse l'écrin à la beauté folle et sauvage qui enserre ses nouvelles. A un point tel que je me demande encore est-ce le Finistère qui est le personnage principal du livre, l'histoire des différents protagonistes n'est-elle pas qu'un prétexte pour ne parler que d'un paysage à vous couper le souffle?

La réponse est plus simple et plus compliquée. Le bout des terres et les humains, se confondent, se nourrissent mutuellement, fusionnent charnellement. La mer, la terre, les hommes, un tout non dissociable. Un tout auquel Isabelle Mutin parvient à ce tour de force : intégrer son lecteur à ce tout. Il faut le dire, chapeau l'artiste. Il y faut une sacrée force d'évocation dans l'écriture. Le lecteur est un personnage du roman qui, comme les autres est né, de cette terre et dont le cœur bat au rythme des vagues de la mer d'Iroise.

Il y a dans ce livre, comme dans les précédents, un souffle où Eros et Thanatos s'entremêlent et déterminent parfois tragiquement des destins qui s'entrecroisent. Subtilement teintés d'irréel. Mais avec Isabelle Mutin, la littérature permettant tout, la frontière entre réel et irréel, entre onirisme et réalité est bien mince.

Eros, Thanatos, folie, raison, amour fou et désespéré, noyade et résurrection, les grands thèmes « mutiniens » sont là.

Une belle réflexion sur l'art. Sur le tour absurde que peut prendre la vie parfois. Sur cette tragédie grecque du destin des hommes qui se veulent vivants à en mourir.

Une écriture simple sans fioriture qui transpire à chaque mot une poésie qui m'a chuchoté à l'oreille.

Finis terrae, oui j'ai aimé et je recommande. Un beau galet roulé par les marées de l'Iroise. Une lumière éblouissante ou un gris à la limite du noir. Comme un ciel breton en somme.

Petites notes personnelles. J'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver une certain docteur Celsius qui décidément n'a pas changé. Quant à Athénaïs, elle peut être absolument insupportable pour certains. Moi, je l'adore.