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Oskar Johansson était dynamiteur.

Sa vie coupée en deux. Avant l'explosion et après l'explosion. Une explosion qui aurait dû le tuer mais à laquelle il a survécu. Pas mal amoché quand même. Ce qui ne l'a pas empêché d'y revenir à la dynamite. Jusqu'à la retraite.

Oskar Johansson, sa femme, ses enfants, son travail. La vie d'une homme honnête, droit qui n'a rien de remarquable.

Qui a milité toute sa vie pour une société plus juste en fréquentant les socialistes et les communistes. Qui en perdra beaucoup d'illusions mais jamais sa foi en un monde meilleur.

Qui, vieux et veuf partageait sa vie entre la ville en hiver et sa cabane de fortune sur une île perdue de l'archipel suédois.

Qui ne se plaignait jamais.

Qui est mort comme il a vécu humble et digne, en toute discrétion, dans une société suédoise en pleine mutation.

Le premier roman de Mankel, écrit avec une sobriété précise qui confine à l'ascétisme, à l'austérité, tout en retenu sans débordement d'émotions pourtant toujours profondes, en peu de mots, marqué par la mélancolie profonde du solitaire la confiance absolue en l'individu et l'inébranlable espoir pour l'avenir de l'humanité. Ecrit avec concision et rigueur.

Un beau roman triste et pourtant porteur d'espérance, émouvant sur l'héroïsme des gens simples et ordinaires.

Qui frise le chef d'oeuvre.