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La tristesse, l’agonisse, la dépression, merci, je connais. Professionnellement et personnellement. Et ça ne m'a jamais, mais alors jamais au grand jamais, fait rire.

Ou alors par dérision ou auto dérision. On se défend comme on peut contre l’innommable.

Et que nous raconte Melissa Broder ? La tristesse, l'angoisse, la dépression. Et le cortège d'addictions qui va avec. Sans pudeur.

Elle nous raconte ça de son intérieur.

J'aurais dû pleurer du début à la fin. Logiquement. Et du début à la fin, j'ai ri.

J'ai ri.

Ce livre est drôle. 

Avec un incomparable humour ravageur auquel rien ne résiste, cette grande dépressive chronique devant l'éternel, dans un style à la mitraillette qui ne vous laisse pas respirer un instant, avec une sincérité époustouflante autant que désarmante, nous décrit non seulement ces troubles mentaux mais aussi, et là sans pudeur, tous les moyens employés pour survivre.

Yoga, médicaments, drogues, sexe, alcool, grigri thérapie, chamane new-yorkaise, religieux de tous poils, gourous en tous genres et amies plus ou moins bienveillantes.

Melissa Broder ne parle que d'elle. C'est souvent le cas chez les dépressifs.

Mais ne nous y trompons pas.

Dans son discours hyper narcissique, elle nous tend sacré fichu un miroir.

Elle raconte tout de que, généralement, nous préférons cacher de nous. Elle met en lumière ce que d'habitude, nous, nous taisons honteusement. Elle nous jette notre tronche en pleine gueule.

Sa sincérité, sa lucidité, son langage souvent très cru font sûrement frémir d'horreur tous les culs serrés de la terre toujours prompts à l'indignation vertueuse, à jeter au bûcher et le livre et l'auteur.

C'est à mon sens, ce qui donne toute la valeur et au livre et à l'auteur.