Le-Singe-et-le-Tigre-Mao-un-destin-chinois

Mao, un destin chinois.

Un gros pavé de plus de mille pages.

Mais il s'agit de la biographie de Mao, de l'histoire de la Chine au siècle dernier.

La Chine, pays secoué dans tous les sens jusqu'en 1949, en proie à la guerre civile. Martyrisée quasi jusqu'à la mort par un Mao porteur de l'une des grandes idéologiques scélérates du XX° siècle.

Mao, le Tigre, roi de la montagne, détenteur d'un pouvoir absolu, tyrannique, brutal, cruel. Le Singe, c'est l'intelligence, la ruse, la fourberie, l'absence totale de scrupule, de sens moral, jusqu'à la perversité.

Mao, tout à la fois le Tigre et le Singe.

Mao, fils de paysans pour le moins aisé contrairement à ce qu'il raconte, qui refuse d'être paysan, écolier rebelle, poète et lettré qui suivra un long chemin, avant la Grande marche, pour arriver au pouvoir suprême et sans partage appuyé sur des monceaux de cadavres.

Visionnaire devenu fou qui se fera le démiurge de « L'Homme nouveau » qui se soldera par la mort de millions de chinois et la ruine du pays. Accompagné de son âme damnée, sa femme Jiang Qing, et de ses sbires tous plus sanguinaires les uns que les autres. Comme Staline, il se débarrassera de ses compagnons des premiers jours.

Pour jeter, avec sa révolution culturelle une jeunesse déchainée qui détruira tout ce que le maoïsme considérait comme des « vieilleries », c'est à dire ce que la pluri millénaire civilisation chinoise a produit de sublime.

Il a eu beau dire que les femmes portaient la moitié du ciel, il ne brilla pas par un féminisme exacerbé mais par une vulgarité incroyable à leur égard (Je me lave en me rinçant dans le con des femmes, c'est de lui). Il finira mourant sur un lit richement pourvu par sa femme en adolescentes soumises à sa perversité. Et celles qui en furent sincèrement amoureuses, bien mal leur en pris.

Un livre riche en enseignements par un spécialiste de la Chine contemporaine. Agréable à lire, richement documenté.

Mao, un destin chinois, le destin tragique de la Chine.

Tout au long de cette lecture, je n'ai pu m'empêcher de penser à toute cette intelligentsia française, germano-pratine qui avait fait de Mao un dieu. Et manifestait dans les rues de Paris en agitant le Petit livre rouge, le saint évangile du divin Mao. Et malheur à qui osait remettre en cause la divinité du Grand Timonier.

Un livre déjà ancien, il a dix ans, mais qui, outre son indéniable intérêt historique, quant aux réflexions qu'il inspire, reste d'une brûlante actualité. Un réquisitoire implacable contre une idéologie, contre les idéologies.

Les peuples sont toujours prêts à suivre et à adorer le tyran qui les plongera dans un bain de sang.

C'est effrayant quand on y pense.