L-elegance-du-herion

Renée, une concierge plus vraie que nature.

Paloma, une fillette de douze ans de son propre aveu exceptionnellement intelligente. Fille de bourgeois de gauche. A décidé de se suicider et de mettre le feu à l'appartement familial le joir de ses treize ans.

Manuella , amie de Renée, femme de ménage portugaise. Amie de Renée.

Katuro Ozu, riche japonais.

Et des tas de personnages secondaires.

Le tout sis au 7 rue de Grenelle.

Voilà pour le décor.

J'avais vu le film avec Balasko et j'avais aimé.

J'ai trouvé le livre au hasard d'une promenade, dans une solderie à 1 euro. Et là, du bonheur à l'état pur pour pas cher. C'est alerte, brillant, spirituel, subtil. Non sans une certaine délicatesse. Une belle histoire remarquablement bien écrite.

Renée, la concierge, qui s'obstine à correspondre aux clichés véhiculés sur sa profession mais bien plus cultivée que ne peuvent l'imaginer un instant les grands bourgeois qui l'emploient. Manuella, pleine de bon sens. Paloma qui a déjà tout compris de l'absurdité de la vie et de l'espèce humaine. Toutes les trois promènent un regard lucide, donc cruel sur leur entourage.

Une peinture sans pitié de cette grande bourgeoisie insupportable, de droite ou de gauche (caviar naturellement), de ses travers et de ses vices, de ses a priori, bien campée sur son fric et ses privilèges. Qui méprise cordialement le bas peuple. Une critique acerbe de l'intellectualisme germano-pratin snobinard. Et c'est bourré d'humour, ce qui ne gâte rien.

Seul, Katuro Ozu, très riche, très intelligent et très cultivé se distingue de cette faune puante. Et avec lequel Renée et Paloma auront une très riche relation, sur un pied parfait, malgré les différences sociales et celles de l'âge, d'égalité. A déguster sans modération. On se croit chez Les caractères d'un certain La Bruyère qui aurait écrit Les lettres persanes.

Le second livre d'une humaniste grand teint à la vaste culture classique. Qui, à sa sortie à fait grincer bien des dents. Je vous laisse deviner de qui.

A ne pas rater. La scène du coït canin, raté par ailleurs, est impayable.