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Voilà un livre qui ne sent pas l'eau de rose des romans de gare.

Un livre dur.

Parce sur cette dure terre pyrénéenne à la fin du XIX° siècle, les hommes, les femmes, les enfants, les animaux, les éléments sont durs. Il n'y a aucune place pour les faiblesses sentimentales. Naitre, travailler, mourir et pas de temps pour les fariboles. Tel est le lot de chacun et nul ne semble vouloir regimber contre son destin. Le même pour tous. Il y a les riches et les pauvres. Chacun sa place. Et on demeure là où on est né. Ainsi va la vie.

Et puis il y a Georges.

Rempli d'une rage immense, d'une haine infinie.

D'une sexualité enragée et brutale, d'une vitalité exacerbée et violente.

Dévoré par la rage, encore et toujours, de sortir « du cul des vaches » et de s'élever dans l'échelle sociale.

Autour de lui, quatre femmes. Raphaëlle, l'amour pur, désincarné, fantasmé, Alphonsine à la beauté sensuelle, la Mancogne animal aux instincts primaires et grossiers. Et puis, la mère. La mère de cet enfant détesté sur lequel elle fera, castratrice et au moins psychologiquement maltraitante, peser un poids énorme. Entre les deux, pas un amour, mais une lutte à la vie à la mort. Pour la vie, pour la mort.

L'obsession farouche de Georges ? Réussir. Pour montrer à sa mère de quoi il est capable. Pour vaincre son influence sur ce fameux ordre des choses. Pour la détruire peut être ou/et se faire aimer de cette mère détestée.

Un livre, la chronique des ravages que peut causer sur le fils une mère non aimante.

Je le répète, un livre dur, qui ne se lit pas facilement, même si le style est chatoyant et poétique, la langue riche et populaire à la fois (les quelques mots de gascon m'ont rempli de joie). La difficulté tient à l'histoire. Un drame humain universel. Dont la description et l'analyse, subtilement ciselées, ne tombent jamais dans le pathos(chez ces gens là on ne se plaint pas son malheur, on le subit et on l'assume).

Un livre qui m'a pris aux tripes et ne n'a pas lâché. Je l'ai refermé hier soir. Avec regret. Je regrette toujours de quitter un bon et beau livre.