Le-Schmock

Le schmock.

Vieille insulte yiddish.

L'idiot, le débile, le fou, l'attardé, le con, le salaud mais avant tout le pénis (traduisons plutôt par bite).

Dans cette histoire le schmock, c'est ce petit caporal qui ne paye pas de mine appelé Hitler et qui a plongé l'Europe entière dans l'horreur absolue. Un as de la manipulation, un pervers polymorphe doué d'éloquence. Qui a entrainé dans l'enfer un des peuples les plus cultivés du monde.

Comment expliqué cet inexplicable ? Historiens, psychologues et autres sociologues s'y cassent encore les dents. FOG fait le pari fou et risqué, mais finalement réussi, que seul le romancier peut nous apporter la réponse. Ou du moins nous apporter quelques clefs pour percer le mystère.

C'est chacun de nous, Élie, Elsa, Karl, Lila et tant d'autres. Des personnages ordinaires qui deviennent par la force des événements, des gens extraordinaires pris dans « l'indicible banalité du mal ». Des gens comme tout le monde qui tombent d'un côté ou de l'autre sans vraiment le choisir. Dans le fracas de l'histoire, il suffit de si peu de choses pour basculer ici ou là.

Quand on danse sur un fil au dessus d'un volcan, l'équilibre est fragile, le choix de son camp incertain, la limite entre les bien et le mal bien floue. Chacun peut plonger à son insu dans le pire ou le meilleur. Ou se cacher, en tremblant de peur, en attendant que ça se passe.

Qui sont les salauds, les héros et les lâches ?

Une grande leçon qui tombe à pic par les temps qui courent. Les peuples sont aujourd'hui comme hier, et sans doute comme demain, prêts à se livrer pieds et poings liés au premier braillards qui les caressent dans le sens de leur mauvais poil en leur promettant des lunes qui ne chanteront jamais le lendemain.

Là est la clef de l'énigme.

Sans oublier des histoires d'amour et d'amitié qui perdureront malgré tout. Tout espoir n'est donc pas totalement vain.

C'est un roman magistral, éprouvant, magnifique, lumineux.