Diaboliques-Sept-femmes-sous-l-Occupation

Sept femmes sous l'occupation.

Sept femmes évoluant, très à l'aise, à croire que ce fut leur milieu naturel, dans les eaux troubles et puantes de ces années d'occupation. Dans les bas fonds glauques de la collaboration. Certaines par intérêt, d'autres par conviction. Elles auront participé à toutes les turpitudes de l'époque qui en fut riche. Profiteuse de guerre, espionne nazie, milicienne antisémite jusqu'à l'hystérie, pourvoyeuse sans état d'âme ni scrupule en victimes des camps de la mort.

Sept femmes qui auront des comptes à rendre lors de « l'épuration ».

Sept destins qui font froid dans le dos.

L'auteur n'est ni juge ni moraliste.

Historien, il expose les faits, rien que les faits.

Avec le souci permanent de la vérité des faits, sans a priori, sans parti pris, sans idée préconçue.

Psychologue, il nous fait plonger dans les noirceurs du temps et de leurs âmes.

Décryptant avec un sens aigu de la description et de l'analyse tous les jeux d'ombre, les faux semblants les ambiguïtés de la séduction, de la fortune et du pouvoir.

Sept portraits de femmes qui ne se renieront jamais, n'exprimeront jamais le moindre regret, le moindre remord, la moindre culpabilité.

Sept portraits de diaboliques dans une période du diable.

Le portrait d'une époque avec laquelle nous n'avons peut être pas soldé tous nos comptes.

Et qui renvoie chacun d'entre nous, en faisant preuve d'un minimum d’honnêteté à cette question : et moi, qu'aurais-je été, qu'aurais-je fait ?

Nul ne peut l'éviter.

A mon avis, un livre indispensable qui dépasse largement le cadre de la pure histoire par les interrogations qu'il nous lance. Pour les entendre, il suffit simplement de ne pas détourner le regard, de ne pas se boucher les oreilles, de ne pas se pincer le nez.

Un livre instructif, enrichissant, au style brillant, clair, vivant contre l'amnésie collective quant à tout un pan de notre histoire.
Et de la nature humaine, oh combien humaine.

Une piqûre de rappel : il est des choses qu'il ne faut surtout pas oublier. Si on ne veut pas les revivre. Et par les temps qui courent, n'est-ce pas...