Tete-de-tambour

La psychose.

Sa longue nuit, sa violence, celle de la maladie, pas celle du malade, sa solitude, son sentiment d'exil perpétuel au milieu de nulle part par incompréhension des autres, son pouvoir destructeur capable de tout annihiler sur son passage.

Et l'insupportable douleur.

Faut-il nier sa maladie, s'en maudire, accepter sans discussion la condamnation sociale qu'elle implique, s'en venger sur les autres ?

Comment lutter contre ces forces obscures irrépressibles ?

Comment vivre avec ?

Un drame noir dans un huis clos familial. Ce n'est pas un tableau clinique mais un roman un roman qui raconte la schizophrénie de l'intérieur. Ce n'est pas une fiction mais une histoire inspirée de faits réels. Ce qui en fait la puissance.

On ne peut qu'apprécier une écriture juste, incisive, tranchante, à vif comme une lame de rasoir, une construction habile.

Un récit qui redonne à ceux que l'on en prive, toute leur humanité.

Un livre dense, enveloppant, captivant, dérangeant, perturbant, fascinant, impressionnant, même pour qui a vécu avec la psychose durant quatre décennies de carrière.

A lire donc.

Pour perdre tous les a priori, les jugements de valeur, les peurs, les anathèmes, les imprécations trop souvent lancés contre ceux qui ne parviennent pas à vivre avec leurs fantômes.

Et un auteur à suivre car elle ne manque pas de talent, c'est certain.