Idi

Ce ne sera pas le livre du siècle. Non. Mais c'est un beau livre.

Un livre hommage à cette grand mère qui elle aussi a fait de Badinter l'homme d'exception et de courage qu'il est.

J'avais été profondément ému quand R. Badinter, ce grand bonhomme est venu raconter sa grand mère à la grande librairie. J'ai vu ce vieil homme retenir ses larmes en évoquant à peine le « disparu », ce père aimé et admiré assassiné à Sobibor et j'ai failli pleurer moi aussi. Mais ce n'est pas le sujet du livre. Le sujet c'est Idiss, juive de Bessarabie venue en France parce que son mari, son homme, son grand et exclusif amour, aime, sans la connaître, la France des droits de l'homme, de la liberté, de l'égalité. La France ce pays où pour les juifs le bonheur est sur terre.

J'ai lu ce livre de piété filiale avec bonheur et émotion.

Avec une immense pudeur, mais ils sont ainsi dans la famille, avec quel amour et avec des mots très simples, il retrace la destinée d'Idiss, ses peines, ses joies, ses grands bonheurs, ses malheurs profonds. Comment elle supporte les violences de l'antisémitisme dans la Russie tsariste, comment mère tigresse elle en protège les siens. Sa détermination à les faire réussir dans leur pays d'accueil et la fierté qu'elle a de leur réussite. Son bonheur d'être parmi les siens.

Idiss, pour son petit fils, une boule chaude et rassurante d'amour qui s'obstine.

Idiss aura-t-elle été heureuse ? Elle mourra en devinant peut être, mais sans les connaître, les ignobles lois anti juives de Pétain et les persécutions de l'état dit français et du nazisme.

Moi, je veux croire Idiss heureuse.

Envers et contre tout.