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1500 avant Jésus Christ, quelque part aux confins du désert, sur la terre de Canaan est née Dina, unique fille de Jacob, patriarche puissant et autocrate.

La tente rouge. Interdite aux hommes et réservée aux femmes de la tribu qui y partagent leurs secrets, y accomplissent leurs rites ancestraux. A l'ombre de cette tente Dina va grandir heureuse et aimée de « ses mères » et de son père.
Jusqu'au jour où tout va basculé. Dina va épouse un prince héritier dont elle est amoureuse, dont elle va avoir un enfant, mais étranger à sa tribu. Ce que ni son père ni ses frères ne peuvent admettre. Ces derniers vont sauvagement assassiner son mari et toute sa belle famille et la laisseront pour morte. Mais envers et contre tout, elle ne survivra pas, elle vivra. Commencera alors pour elle une longue vie d'errance qui se terminera au bord du Nil où elle a retrouvé l'amour. Errance durant laquelle elle va acquérir un solide réputation de sage femme hors pair.

Mais peut importe, à mon sens, l'histoire de Dina. Du reste magnifiquement narrée par Anita Diamant.

Roman puissant, charnel, sensuel, brûlant, c'est une ode à la féminité, au pouvoir de donner la vie des femmes. Le roman d'un temps où leur sang régulier était sacré. Jusqu'à ce que la catastrophe du monothéisme obscurantiste d'Abraham en fasse une abominable impureté et jette les femmes dans la servitude.

Un roman sur l'intolérance à l'étranger qui ne peut que voler et violer les femmes et les filles de la tribu, lire des hommes de la tribu, et auxquels elles appartiennent, comme leurs troupeaux, sur l'intolérance religieuse et la violence et le malheur qu'elle provoque.

La tente rouge n'est pas l'histoire d'une femme mais celle de toutes les femmes. Qui font preuve d'une puissance bien supérieure à celle des hommes qui n'ont vraiment pas le meilleur rôle dans le livre à deux exceptions près.

Un livre surprenant que j'ai lu sans grande conviction quand je l'ai commencé. Mais que je recommande tant il est riche en émotions.