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C'est un beau prénom Adélaïde pour une belle petite fille heureuse qui ne demandait qu'à vivre.

Et qui est morte un jour plein de soleil du joli mois de mai.

Sous les doigts, la bouche, le sexe, la violence d'un pédocriminel sexuel. Ne parlons pas de pédophile. Un violeur d'enfant n'est pas l'ami des enfants.

A neuf ans, on n'a pas les mots pour parler de l'horreur subie. Alors on se tait. On s'isole, on s'enferme. On cache sa honte et sa culpabilité de l'indicible et indélébile salissure. On s'anesthésie par l'alcool, la drogue, le sexe, la boulimie. On devient obèse pour se protéger. Se cacher des prédateurs. Et tout homme est par définition un prédateur. Que l'on va provoquer. Pour s'exposer à une nouvelle blessure, une nouvelle salissure. On se suicide toute seule sous le masque de la fausse joie de vivre, du faux bonheur, de la fausse sensualité.

A mon sens, c'est peut être le pire, des réflexions du genre tu n'as pas à te plaindre, tu es une fille de riches née dans les beaux quartiers alors ferme la. Tu serais vraiment à plaindre si tu étais une petite fille de pauvres. La bêtise crasse alliée du criminel.

Et pourtant. Et malgré tout.

Ce chemin de croix peut être celui, douloureux, de la résurrection. Une résurrection qui se termine, du moins dans le livre, par un feu d’artifice charnel et sensuel. Une ode à la vie victorieuse contre la mort.

Un livre, d'un point de vue strictement littéraire, de très grande qualité. Mais un livre bouleversant, terrifiant, tant il est criant de sincérité. Tant il rend visible ce qui ne pouvait pas l'être. Un de ces livres inoubliables qu'on lit jusqu'au bout, pris dans un dédale de ténèbres.

Quel courage que celui de l'auteur de l'avoir écrit et d'en parler !

Après l'avoir lu, on ne pourra plus dire que l'on ne peut pas savoir, qu'on ne peut rien imaginer de la douleur des enfants abusés. Car tout y est dit, décrit.

Un message d'espoir aussi. La reconstruction est toujours possible.