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 Allez, gardez vos prières mon...

 

père.

 

Je suis condamné à mort.

 

Le peloton d'exécution, la guillotine ou le cancer ou trop de sexe, le cœur qui lâche lâche ou le couteau de l'assassin, je vais crever. Aujourd'hui, demain ou avant hier, peu importe.

 

Même votre dieu qui prétend m'avoir créé, mon père éternel ne peut rien pour moi. Ce n'est pas lui qui va signer ma grâce. De toutes façons, dans la vie, il n'y a pas de recours en grâce. La peine capitale s'applique à tous sans distinction. Seule change la façon dont elle est appliquée. Et là, votre salopard de dieu bourreau ne manque pas d'imagination pour nous distiller une morte lente et raffinée et douloureuse.

 

Dans une débâcle inqualifiable du corps et de l'esprit.

 

La vie, c'est Titanic annoncé. Sans les femmes et les enfants d'abord. Sans au revoir mes frères.

 

Et on ne copule plus qu'avec les asticots qui se régalent jusqu'à nous bouffer la bite. Et c'est bien là le pire.

 

Mourir, la belle affaire, mais ne plus baiser, ah ! Ne plus baiser... Quand la chatte ne se mouille plus d'excitation mais laisse couler les ignobles liquides de la pourriture des corps.

 

De ces corps qui ne demandaient que des caresses et qui furent glorieux dans leurs orgasmes.

 

Mais votre dieu ne peut pas le supporter. Alors,

 

la mort.

 

Curé, barrez-vous avec vos livres de prières, votre eau bénite, votre crucifix. Si votre dieu existait, en arrivant là haut je lui cracherai à la gueule.

 

Il ne mérite rien de plus.