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 Je faisais souvent, autrefois

 

dans une vie antérieure

 

ce mauvais rêve.

 

Il commençait par une tête de mort aux yeux ouverts en grand qui me souriait de toutes ses dents en me tendant des bras absents.

 

Ça puait la charogne comme une enfance trop mais mal masturbée.

 

Et puis une femme.

 

Une femme qui y offrait sa bouche et son sexe à ma pornographie.

 

Ce n'était pas une femme mais un méchant oiseau charognard qui me guettait pour me nettoyer le squelette de toute chair vive.

 

Elle ne m'ouvrait ses cuisses et son cul que pour mieux m'étrangler sous ses boucles quand elle me la jouait à l'amazone, dans son lit qui ne me fut jamais rien d'autre qu'un cul de basse fosse. Un cul de basse fosse où pourrissaient mes fleurs de la passion.

 

Je sombrais sans fin dans les oubliettes d'un malheur insipide, inodore, incolore, tué à petits feux par le poison des orgasmes vénéneux qu'elle me laissait tomber dans la bouche.

 

J'étouffais et elle en riait.

 

Que lui importait que je veuille vivre, vivre libre, libre d'aimer la vie et de lui mettre d'autres sous vêtements que noirs, libre de ne pas avoir envie et de préférer dormir dans mon lit à une place, libre de choisir seul le parfum de mes aisselles.

 

Libre de tomber et de me relever.

 

Libre de respirer.

 

Quand je voulais partir, quand je voulais m'enfuir, elle exigeait, en guise d'adieu, me faire l'amour une dernière fois. Comme un suicide à deux. Plutôt mourir ensemble que de me voir vivre seul. L'amour lui était exclusif, à la vie à la mort.

 

Jusqu'à la mort.

 

Mais était-ce un rêve ?

 

Était-ce un rêve ?