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Une histoire de famille, sur quatre générations. Décortiquée avec la précision et lez froid d'un scalpel. Pour faire sortir les cadavres bien enfouis dans le placard. On commence par cet enfant, enfant gâté, enfant roi, hyper protégé par sa mère, qui jouit, se fait jouir en regardant des scènes de tortures en Irak. Rapidement insupportable, effrayant dans se réflexions qui montrent une maturité qui n'est pas de son âge. Mais il faut bien trouver un moyen d'échapper à l'étouffement maternel. Son père qui ne remettra jamais de son histoire d'amour enfantine, quand lui, juif à Haïfa tombe raide dingue d'une petite arabe à peine plus âgée. Amour impossible. La grand mère qui porte sa culpabilité comme une croix, qui cherche le secret de sa mère pour connaître ses origines, convertie à un judaïsme strict. Une arrière grand mère, uniquement concernée par son art, le chant sans parole.

Peu à peu, au fil des pages les secrets, le grand secret de famille se dévoile, vous tenant en haleine jusqu'à la dernière page. Un grand roman découvert par hasard, une réflexion sur le temps qui passe, sur la famille et les ravages de son éducation qui font boule de neige de génération en génération, sur comment chacun assume l'histoire commune. Et chacun de nouer une relation particulière avec une particularité physique qui se transmet, comme les névroses familiales et générationnelles qu'elle symbolise, de génération en génération.

Une saga familiale lourdement chargée des horreurs de la guerre, de l'Irak à la 2° guerre mondiale, des drames intimes de chacun et qui marqueront indélébilement la construction personnelle de chacun.

Un style époustouflant, fluide, dans une forme courte et lisse dans lequel Nancy Huston manie avec brio l'humour, la tendresse, la sensibilité.

Un roman anté-chronologique. Maintenant que je l'ai refermé, j'ai envie de le rouvrir pour le relire à l'envers.