abeille-tombee-dans-l-eau-54db8227

 

Paris sur Seine.


C'est triste.

 

La reine du monde est nue et peroxydée.

 

C 'est triste Paris quand on y gèle sur pied parce que l'on y fuit la vieillotte province de ses amours crevées comme une baudruche d'enfant. Et toutes les condoléances de ses meilleurs amis qui, désolés, ne peuvent rien faire, mais restent là au cas où...

 

A tourner pour trouver on ne sait quoi dans Pigalle, la rue Saint Denis ou celle de la Gaîté, à erre entre les travs du bois de Boulogne, on se taille un costume. Tristesse, nausée, dégoût de soi. Impuissance.

 

Le long des quais on suit la Seine et dans son eau trouble et nauséabonde, une image. Cette fille. Une neurasthénique taillée comme une nageuse soviétique. Elle n'est pas belle. Elle n'est pas moche. Seulement sans saveur. Le bonheur pour elle, c'est trop grand, trop fatiguant. Elle fait semblant de croire qu'il l'aime, même si il ne lui a jamais dit, ne lui dit jamais et je lui dira jamais. Il la baise, parce qu'ils rien à faire, rien à dire. Quelques fois, dans un moment de distraction, quand il faut tenter de se tuer l'insomnie. Pas d'orgasme, mais une petite jouissance. Cela suffit pour qu'elle s'accroche à lui. A lui qui s'en fout. Il a baise, la fait boire. Ça doit suffire à son bonheur.

 

A ses pieds, le fleuve. Tentation de s'y jeter.

 

Il résiste.

 

L'eau est trop froide et sale.

 

Elle pue.

 

Ce doit être affreusement désagréable de mourir lentement, interminablement, dans l'odeur glacée d'hydrocarbure et de poisson pourri.

 

Et puis, il paraît que les noyés revoient toute leur vie défiler avant de mourir.

 

Et ça, ça, c'est bien la dernière chose dont qu'il puisse désirer

 

Tout revivre même à l'envers lui fait perdre l'envie de mourir.