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Aristote, Platon, Hippocrate et la folie des dieux, les temples d'Asclépios et la médecine des humeurs, la folie de dieu et la folie prix et expression du péché au Moyen Age, l'exclusion et l'enfermenent des fous dans les hôpitaux, maisons de force et autres relais des dépôts de mendicité, l'esprit de réforme quant à la prise en charge des fous à l'époque des Lumières, Pinel, Esquirol, Charcot, de Clérembault, Moreau de Tours et l'âge d'or de l'aliénisme après la moi de 1838, les thérapies de choc, l'épisode de la seconde guerre mondiale avant la révolution neuroleptique, thérapies institutionnelles, la psychanalyse, les TCC, l'antipsychiatrie, le DSM.

 

Quétel n'écrit pas une histoire de la folie, mais la longue histoire de la folie, des fous et de ceux qui étaient et sont réputés les soigner. Quelle place les différentes époques ont accordé au fou, comment chaque période de l'histoire a-t-elle abordé la folie, autour de quels enjeux médicaux, philosophiques, idéologiques, politiques, économiques ?

 

Ce livre est passionnant, il nous promène à travers les siècles sans jamais nous lasser ni nous égarer. Il est aussi l'antithèse de l'évangile selon Saint Foucault qui fut peut être bon philosophe mais très mauvais historien. Un livre non partisan qui décrit objectivement les différentes chapelles qui tout au long de l'histoire se sont joyeusement étripé pour établir leur monopole, donc leur pouvoir, exclusif sur la folie et la psychiatrie. Quétel termine sur l'avenir de la psychiatrie. Quel sera cet avenir et la psychiatrie a-t-elle encore l'avenir devant elle ? Que sont devenus les fous dans le passage de la psychiatrie à la santé mentale ? L'auteur ne termine pas son livre sur des réponses définitives, forcément il n'est pas psy lui, mais sur quelques questions auxquelles seul l'avenir, peut être, apportera des réponses.

 

Ce livre est excellent, voire indispensable à qui veut en connaître un peu plus sur le sujet. Et pour une raison très simple, il n'est pas écrit par un psy machin qui par essence serait partisan. Mais par un historien dont le seul objectif est de décrire les faits. Rien que les faits.

 

Et en plus il n'est nul besoin d'être un « pro de la chose ». C'est un livre d'histoire, pas un manuel de psy.