o-BORJ-CHAKIR-DECHARGE-facebook

 

 

Oh poésie que de conneries on dit et on écrit en ton nom !

 

Oh pédagogues stupides qui enseignez la poésie et qui n'avez jamais compris que la poésie ne s'enseigne pas mais qu'elle se transmet. Qu'elle est émotion et non point raison.

Oh poètes à la petite semaine qui se prennent pour Baudelaire, Hugo, Lamartine et Ronsard réunis, qui écrivent comme Musset ! Ce sont eux des génies de la poésie. Mais ces pauvres bougres n'ont pas compris que les temps ont changé, qu'on n'écrit comme au siècles passés. Ils vomissent leur guimauve pleine de grands sentiments, de fleurs, de flonflons, de ciel pur, d'herbe verte, de mer chaude et de baisers au miel. Ridicules écrivaillons auto satisfaits et pédants. Trissotins du pauvre qui encombrez les réseaux sociaux, seuls endroits où vous pouvez déversez vos rimes de guimauve ad nauseam. Et qui en attendez des couronnes de lauriers ! Que vous vous distribuez généreusement, hypocritement, entre vous. Et qui jugez, en gens bien élevés, ce qui est poétique et ce qui ne l'est pas.

 

La poésie n'est pas là où vous voulez l'imaginer. Elle est partout ailleurs. Dans les chiottes, les décharges publiques, les pissotières, les poubelles de l'humanité, dans les camps de réfugiés, dans les prisons, dans les asiles de fous. Elle naît dans la lie, dans la fange, dans les sécrétions et autres exsudats corporels. La poésie c'est le corps de l'homme, le corps de la femme, avec ce qu'ils peuvent avoir de sublime et aussi de parfaitement dégoûtant. La poésie c'est de la chair avec toutes ses grandeurs et toutes ses misères. Parce qu'elle est écrite avec les tripes, avec les gonades, avec la physiologie, avec la patho-physiologie.

 

Je pense à Baudelaire, excusez-moi du peu. Il écrivait sur les putes et les femmes du monde, sur tous les traine misères de son temps, sur les corps malades, sur les chairs en putréfaction sur les cadavres, sur les poubelles de Paris et les tableaux des plus grands peintres. Le plus grand des poètes écrivait sur tout. A votre avis, oh censeurs vertueux, n'était-il poète que lorsque qu'il chantait la richesse la beauté ? Cessait-il de l'être quand il chantait la misère de la laideur ?

 

Je pense à cette jeune femme qui dit qu'elle n'est ni écrivain, remarquons qu'elle ne dit pas écrivainE, ni poète mais qui sort de ses tripes une poésie vivante, palpitante, vibrante. Une poésie qui fait fait vivre, palpiter, vibrer mes tripes. C'est à cela que je reconnais la poésie. Quand ce que je lis me fait bander.

 

Je pense à tous ceux, à toutes celles qui ne prétendent pas au génie. Qui ne prétendent à rien. A rien d'autre que de se laisser couler sur leur feuille blanche ou sur leur clavier. Et qui n'attendent rien. Parce que la poésie est un acte gratuit qui n'attend aucune gratification. Elle est et cela lui suffit.

 

Je pense à moi qui ai toujours dit :

 

j'écris avec mes couilles.

 

Et je ne me suis moi non plus dit poète ou écrivain.

 

C'est à peine si j'écris.