Au-coeur-du-Troisieme-Reich

 

 

Albert Speer.

Architecte préféré de Hitler.

Qui finit ministre de l'armement et dont l'action prolongera la seconde guerre mondiale.

Jugé à Nuremberg et condamné à vingt ans de prison qu'il effectuera à la prison de Spandau.

Speer qui, comme il le fit durant le procès, prétend n'être en rien au courant des horreurs des camps de la mort, tout ignorer des activités des SS, de la Gestapo, de la Wermacht. Lui, c'est un artiste, certes subjugué, comme tout le peuple allemand, par Hitler auquel il ne pouvait pas résister. Ce sera sa défense à Nuremberg, il continue à l'affirmer dans ses mémoires. A longueur de pages, il se justifie, se dédouane des crimes nazis avec parfois des pudeurs de pucelle. Il en serait touchant s'il ne s'agissait pas d'un des responsables les plus haut placés et parmi les plus proches de Hitler. Comme le tribunal de Nuremberg, on pourrait le croire quand il prétend n'avoir rien su de la réalité nazie tout à son œuvre d'architecte du Führer. Dommage pour lui, on a retrouvé des photos de ce cœur tendre et rêveur en train de visiter les camps d’extermination. Si ces photos avaient été découvertes en 1945, il est certain qu'elles l'auraient conduit avec les autres à la potence.

Donc, ces mémoires ne le rendent pas vraiment moins antipathique bien au contraire. J'ai eu du mal à croire tout ce qu'il raconte pour se donner au fond, un beau rôle au milieu de la clique hitlérienne. Reconnaissons lui d'avoir tout fait, pas mas seul, pour contrer la politique de la terre brûlée de Hitler qui ne voulait pas que le peuple allemand lui survive.

Ce qui est intéressant par contre c'est que Speer au cœur du système nazi fait une description sans complaisance, parfois même féroce, du système et des hommes de ce système, de leurs rivalités, de leurs conflits, de leurs coups tordus pour toujours pour de pouvoir et être toujours plus près de Hitler. Il montre à quel point ils étaient tous, à de très rares exceptions près, de pauvres types qui profitèrent des circonstances et du soutien de Hitler, pour se venger sur le monde entier de leur médiocrité. Speer décrit précisément à quel point ce système était totalement schizophrène. On comprend pourquoi, l'armée allemande, à son corps défendant, perdra une guerre qu'elle n'aurait objectivement jamais dû perdre. Entre les incohérences de Hitler qui n'écoutait plus rien ni personne et commit des erreurs tactiques lourdes de conséquences, des généraux impuissants et timorés, les luttes d'influences qui détruisaient tout le système de l'intérieur, non, et heureusement, Hitler ne pouvait pas gagner cette guerre même s'il fut parfois très près de la victoire.

Les mémoires de Speer constituent donc un précieux témoignage sur la grandeur et la chute du III° Reich, la monté de Hitler au pouvoir et sa déchéance intellectuelle et physique rapide jusqu'à son suicide.

Indispensable à qui veut comprendre autant que faire se peut cette période du siècle dernier.