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J'accuse dieu.

 

D'avoir fait de nous les humains des êtres désirants et capables d'aimer ce qu'ils désirent. Et par là même de nous pourrir la vie, de nous jeter dans l'enfer des névroses dès lors que nous cessons d'être des fœtus, quand notre bouche se referme sur l'absence du sein qui nous nourrit.

 

De nous apprendre à vivre heureux de notre sort dans nos vaines espérances, dans nos frustrations, dans nos peurs, dans nos angoisses et dans ce besoin insupportable d'aimer et d'être aimés.

 

De nous pousser, sur une route inconfortable, à vouloir refaire le chemin à l'envers sans nous donner l'espoir d'un éventuel retour au cours duquel tout deviendrait vrai, les femmes rêvées, les hommes fantasmés, les sexes infatigables, les désirs inextinguibles, les orgasmes enfin vertigineux.

 

De nous promettre un bonheur d'éternité rempli de vierges soumises à tous nos caprices mais de nous interdire de vivre la puissance et la violence de l'instant éphémère de la passion.

 

De nous envoyer des rêves pour incendier nos nuits de solitaires, pour transformer nos matins en cauchemars, pour nous faire vivre nos journées en nausée.

 

J'accuse

 

ce pervers narcissique

 

de me faire vivre, moi, sans rémission de mes péchés dans ce monstrueux bordel, dans cette maison closes sur des putes immondes que l'on appelle littérature.