Numériser 2017-8-31 21

 

Internet, Face book. On y lit des tas de poètes. Ou plutôt des tas de gens qui se disent poètes parce qu'ils croient que l'on écrit encore comme Lamartine ou Hugo. Oh ! Je reconnais que c'est pas mal imité. On dirait presque vraiment du... Bon on en passe tous par là. On commence par imiter. Normal, pour savoir, tous les enfants commencent par imiter les grands. Mais un jour il faut marcher tout seul, de son propre pas. Ces « poètes » là ne sauront jamais marcher tout seuls, et leurs écrits me désolent.

 

Heureusement il y a de vrais poètes, qui ont une patte particulière et qu'on ne peut confondre avec personne. Et c'est bien de lire ces poètes là sur internet. De commenter leurs poèmes. De les féliciter. Indiscutablement, et j'en sais quelque chose, ça leur fait plaisir. Mais c'est encore mieux de leur acheter leurs recueils et de les lire in vivo.

 

Aussi, moi, quand je tombe sur une perle rare, je ne boude pas mon plaisir. Je lis, relis, et sans faire de critique intello-littéraire, je dis que j'aime voire plus. Et s'ils ont publié je me procure leur recueil. Et là, il y a une véritablement relation, charnelle, attention je n'ai pas dit sexuelle, entre l'écrit et moi. C'est jouissif.

 

Fabien Drouet est de ceux là, de ces poètes qui n'écrivent pas comme, à la mode de. Non, Fabien Drouet écrit comme Fabien Drouet, à la mode de Fabien Drouet. Ses reflets du hasard ne me quittent plus. J'en prends un au hasard, puis un autre ailleurs. Je pose le recueil et j'y reviens. Belle écriture que ce Fabien Drouet. De la vraie, de la belle poésie d'un enfant de ce siècle. Une écriture comme je les aime. Sans fioriture. Presque cistercienne. Très épurée, minimaliste. Une architecture d'église romane.

 

Reflet du hasard ? C'est le titre choisi par l'auteur. Donc le meilleur possible. Reflets du hasard, oui, de ces hasards qui vous conduisent au delà du bord de l'inconnu, presque à l'abime. Qui fait naitre une poésie vraie, une poésie des tripes, pas une poésie guimauve. Fabien Drouet poète qui ne larmoie pas, qui ne geint pas, qui ne pompiérise pas. Il ne poétise même pas. Il dit simplement les jeux du hasard qui nous gouvernent tous. En cela Fabien Drouet parle à chacun de nous de chacun de nous. Simplement. Quant à moi, je me suis reconnu dans cette poésie. On peut tous s'y reconnaître.

 

Une poésie que j'aime.