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Plus de huit cents pas. Un festin littéraire de roi.

 

Les aventures de McGrath journaliste dans une enquête sur Stanislas Cordova, auteur de films qui lui valent une réputation sulfureuse, des admirateurs fanatisés par son univers paranoïaque. Ajoutez la fille de Cordova morte par suicide à vingt quatre ans, deux jeunes gens perdus qui s'imposent comme « assistants » de McGrath, et l'étrange Gallo.

L'auteur est une virtuose qui nous entraîne dans un maelstrom infernal. Où est le vrai, où est le faux, où est le limite entre réel et irréel, qui est réellement qui ? Vous y perdez, vous y retrouvez, vous vous y perdez à nouveau et ainsi de suite sur plus de huit cents page. Vous ne savez jamais exactement où vous êtes, pire qui vous êtes dans cette histoire. C'est vertigineux. C'est délicieux d'être ainsi balloté, secoué, agité dans tous les sens. On frôle sans cesse la rupture, on va en mourir. Et juste à l'instant où l'on croit que tout est fini, Marisha Pessl tire une ficelle et nous fait revenir pour mieux nous jeter une fois encore dans le bouillonnement de son chaudron infernal. Avouons le. C'est jouissif de se faire ainsi manipuler par un livre dans lequel nous ne savons jamais si nous sommes dans un monde d’illusionniste. Ou dans un univers de la quatrième voire cinquième ou sixième dimension.

 

Il est beaucoup question de sorcellerie, de magie noire, d'envoûtement, de sorts maléfiques et j'en passe.

 

Mais, dans ce livre, il n'y a qu'une sorcière, c'est Marisha Pessl. Il n'y en a pas d'autre. Et qui pourrait résister à la puissance de ses charmes ? Ne vous laissez pas décourager par les premières pages. Moi, elles m'ont semblé un peu lourdes à digérer. Je n'ai pas renoncé et j'ai bien fait. Ces premières pages sont tout à la fois la porte, la serrure et la clef d'un monde qui existe ou qui n'existe pas. Je vous parie que vous refermerez le livre sans le savoir.