desert-2

 

Un jour

 

je me suis aperçu que des gens m'aimaient et par conséquent me contraignaient à les aimer.

 

Mais moi, je n'avais rien demandé.

 

On m'a forcé à l'amour, poussé à l'amitié, obligé à la tendresse, fortement incité à la douceur, à la non violence, à l'amour du prochain, à l'esprit de sacrifice, au désir sexuel et à l'orgasme, à l'adoration de l'argent, au besoin de vivre au sein du troupeau, à l'envie de me reproduire.

 

Mais aussi à la tristesse, à l'habitude du malheur, à la grande jouissance de la douleur, à la peur de l'enfer, au respect des lois, us et coutumes incompréhensibles, à la croyance en dieu, à l'espoir des lendemains qui chantent, aux spectacles des jeux de l'amour, du hasard et de l’arène.

 

Mais moi,

 

je n'ai jamais voulu de cette prison.

 

Je ne me sens jamais aussi bien que dans le silence, l'absence de nature et d'humain des grands déserts secs seulement habités par la poussière, le ciel, le soleil et le vent. Là où ne parviennent ni la pensée ni la parole des hommes.

 

Je vis seul.

 

Vide et nu dans le vide et le nu.

 

Seule la musique.

 

La musique

 

en marchant, en marchant interminablement, sans savoir où je vais

 

pourvu que je m'y perde.

 

A défaut d'être libre.