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Un après, le docteur Celsius revient.

Isabelle est morte, elle s'est défenestrée, ne supportant plus « la Nuit » qu'elle impose à son amour.

Lequel prend le chemin du cabinet de Celsius. Toujours aussi pervers et manipulateur. Je n'en dirais pas davantage ne voulant surtout pas priver le lecteur du plaisir de la découverte.
Je ne reviendrai pas non plus sur le talent d'Isabelle Mutin dont j'ai souvent fait l'éloge.

Comme Celsius, L'écho de ton silence vous tient et ne vous lâche plus.

Un livre étrange qui mêle l'amour, le désespoir, l'irréel et la folie jusqu'au fantastique.

Isabelle Mutin a le génie de nous déconcerter, de nous déstabiliser.

Je ne ferais pas une « critique littéraire ». La critique littéraire est la plupart du temps vaine et inutile.

Ce livre relève de la tragédie grecque.

Rendez vous compte. Tous les ingrédients y sont.

Isabelle consciente de son destin l'accepte et le vit jusqu'au bout. C'est à dire jusqu'au suicide.

Vincent est prêt à mourir pour rejoindre Isabelle dans le monde des morts.

Celsius ce mauvais démiurge « à sa proie attachée » (merci Racine), adepte de la magie noire.

Et Allan, le choeur. Allan qui n'a pas pu/voulu empêcher Isabelle de mourir. Allan qui rappelle à Vincent qu'Isabelle en se suicidant l'a condamné lui Vincent à vivre, que son destin est de vivre. Mourir serait trahir Isabelle.

Mourir, c'est à dire tomber dans les pièges de Celsius et ne plus en sortir.

Isabelle meurt par amour, Vincent vivra par amour.

Celsius est vaincu.

Dans la tragédie grecque même les dieux ne sont pas tout puissants.

Contre l'amour, ils ne peuvent rien.

Ils ne peuvent rien contre ce oui à la vie y compris dans la mort.

En l'acceptant, les mortels sont maîtres de leur destin.

Quand je vous dis que c'est un beau, un très beau livre.