Avenue-des-mysteres

 

 

Irving est revenu dans ma bibliothèque avec un nouveau livre. Il y avait longtemps qu'il ne s'y était pas invité. Aucun regret de l'avoir laissé s'installer et me squatter la cervelle de la fin de soirée au petit déjeuner et inversement.

Là, je n'ai pas reconnu le Irving que j'ai beaucoup fréquenté. D'abord l'intrigue ne commence pas aux États Unis, au bord d'une rivière, dans l'omniprésence de la forêt. Tous les thèmeshabituekls chez Irving sont absents. Il y a des chiens, des lions, mais pas d'ours !

Juan Diego a deux vies.

La première, dans une décharge publique, un orphelinat catho et un cirque mieux au Mexique, avec une sœur télépathe qui souffre visiblement d'un trouble envahissant du développement et qui parle un sabir qu'il est le seul à comprendre, une mère femme de ménage le jour et pute la nuit, un père adoptif énigmatique, des jésuites dont un séminariste qui renonce à ses voeux pour vivre avec une transsexuelle tapineuse.

Adopté par ce couple improbable mais parents parfaits qui, pour le sortir de la décharge, l’emmènent aux États Unis où il fera des études littéraires et deviendra un romancier connu et vivant tant bien que mal entre viagra pour le sexe et bêtabloquants pour le cœur.

Ce n'est déjà pas banal.

Au cours d'un voyage aux Philippines, mis au point par un ancien étudiant, accompagné malgré lui par une mère et sa fille pour le moins surprenantes dans leur rivalité / complicité, son passé revient le hanter.

Et là, alors là, une avenue des mystères ? Non, une avalanche, un déluge de mystères. Je me suis trouvé par ce bouquin comme au milieu d'une tornade.

Où est le réel et l'onirique dans cette gigantesque fable où les chiens volent, deux vierges pleurent et se font une guerre impitoyable pas dévots interposés, où la mort est une compagne de route, elle envoie ses anges auprès de vivants ?

J'ai eu souvent eu le sentiment que le héros sombrait dans le délire et l'hallucinatoire. Mais qu'est-ce que j'en sais ? Je n'ai pas réussi à démêler cet infernal écheveau. C'est impossible et c'est tant mieux.

Il serait toute de même dommage, en cherchant à dissiper tous les mystères de cette avenue, de vouloir brider l'imagination d'un Irving en pleine forme !

Laissons-nous aller le long de cette avenue où l'on rencontrera de bien curieux personnages, où l'on sera témoin d'événements inexplicables.