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Entre le désespoir insondable de venir au monde et l'indicible bonheur éprouvé dans la consolation de mourir un jour, la vie que l'on vous a donnée sans que vous l'ayez demandée, conséquence des aléas de la copulation, est une chose étrange.

 

Personne ne m'a posé la question.

 

Naitre ou ne pas naitre ?

 

Je ne suis pas venu au monde.

 

C'est aux forceps, sans me demander ce que j'en pensais, un jour de février en fin de matinée, qu'ils m'ont extraient du néant.

 

Il y avait là comme un abus de pouvoir.

 

Une escroquerie fondamentale.

 

Car les cartes que l'on m'avait attribuées étaient battues d'avance et mes dés pipés dès le départ.

 

Les jeux arbitraires et aléatoires des chromosomes.

 

Absurdes jeux de hasard.

 

Et des gens que je connaissais pas ont décrété que j'étais moi, avant que je sois réellement moi. Sans me demander quoi ou qui je voulais être. Voire si je ne voulais pas être du tout. Ils m'ont donné un prénom, un nom, une famille, un dieu, une table de la loi.

 

Ils m'ont même imposé une chose encore plus étrange, un sexe. Sans imaginer que j'en aurais peut être en vouloir un autre, voire ne pas vouloir de sexe du tout. Ce qui aurait été peut être confortable.

 

Mais je devais être apte à la reproduction.

 

A donner la vie, un soir d'amnésie par coït ininterrompu ; à quelqu'un qui ne m'avait rien demandé.