Onfray

 

 

J'aurai tout lu, tout entendu sur ce livre.

Comme d'habitude, les gens de bien, les bien pensants, les vertueux, les politiquement corrects, les intellos de salon, les croyants plus ou moins intolérants, souvent plus que moins dès lors que l'on ose examiner leur croyance sous le filtre de la raison, et la liste n'est pas close, tous ces gens là hurlent contre le gros pavé d'Onfray. Normal, il doit en avoir l'habitude.

Il n'est pas plus question d'en réclamer l’autodafé ou d'en faire une lecture religieuse, ce qui certainement déplairait à l'auteur.Il s'agit de comprendre et de réfléchir. Capacités qui ne me semblent plus, de nos jours, être données à tout le monde.

De quoi s'agit-il ?

La civilisation judéo-chrétienne est née, s'est développée jusqu'à sa maturité triomphante. Enfin, et logiquement, naturellement la civilisation judéo-chrétienne épuisée se meurt. Simple constat.

Cette civilisation a été bâtie sur un mythe, celui du Christ né mort et ressuscité. Or, il n'existe aucune preuve historique de la réalité du personnage. Et fatalement aucune preuve de sa mort et de sa résurrection. C'est pourtant sur ce mythe que va être bâtie notre civilisation. Par Paul de Tarse, l'homme du ressentiment. L'homme de l'épée contre l'amour du prochain. Le christianisme imposera son pouvoir temporel par les armes, dans le sang, à partir et pour des raisons purement politiques, de l'empereur Constantin, pendant plus d'un millénaire, jusqu'au siècle des Lumières, le siècle de la raison contre la croyance. Raison qui sombrera dans la barbarie de la révolution de 93. Et qui signifiera la fin programmée de notre Occident.

N'en déplaise aux bien pensants du politiquement correct, les civilisations, comme les hommes, sont mortelles et nous assistons, impuissants parce que c'est dans l'ordre des choses, à l'agonie de la nôtre. Non, mesdames et messieurs, les vertueux, le navire judéo-chrétien n'est pas plus sûr que le Titanic et comme le Titanic, il coule. Son ice berg ? La mort de dieu, la fin de la religion, le délitement de l'esprit au profit du consummérisme.

Onfray trace en philosophe qui s'appuie sur l'histoire, le fil rouge qui relie le christianisme à tous ses avatars, dont font partie les deux grands totalitarismes du XX° siècle. Autrement dit une réflexion philosophique sur notre histoire, de Jésus à Ben Laden en passant par Hitler et Staline, sur les horreurs de l'Inquisition, l'antisémitisme institutionnel chrétien, les horreurs des camps de concentration, des goulags, des génocides multiples et variés, pour en arriver à un islam violent et conquérant qui rêve d'un sanglant califat universel et condamne à mort les écrivains et tue les humoristes « blasphémateurs ».

Notre civilisation se meurt. Une autre la remplacera.

Décadence, que l'on partage les opinions de l'auteur ou non, nous interpelle. Ce livre nous invite au questionnement sur notre monde, sur notre humanité, sur notre individualité et sur leur devenir.

J'admire son invitation digne d'une véritable réflexion sur l'histoire, sur notre histoire, digne d'un grand philosophe, ni pessimiste ni optimiste mais tragique. « Puisque nous sombrons, faisons le avec élégance. » Cessons de nier notre disparition, acceptons là, soumettons nous à notre destin de mortels. C'st notre dernière chance de faire la preuve de notre humanité.

Soyons lucides.

Dieu est mort, l'humanisme aussi.`C'est à dire tout ce qui rendait vivante notre civilisation.

N'en déplaise aux religieux de toutes obédiences, avec ou sans dieu.

Onfray nous montre la lune, ne regardons pas son doigt.