SPQR

 

Senatus Populusque Romanus. Tous ceux qui ont lu Astérix connaissent l’abréviation.

 

Mais là, ce n'est pas une BD. C'est cinquante ans de travail de l'aveu même de l'auteur. C'est sur six cents pages l'histoire fascinante du premier millénaire de la Rome antique. C'est un livre qui balaie toutes les idées reçues, tous les a priori, les visions simplistes, l’admiration naïve ou la condamnation systématique de Rome. Il nous fait reconsidérer tout ce que nous pensions savoir sur les Romains. C'est le récit sans faille, richement documenté, d'une précision méticuleuse de la monté en puissance et de l'épanouissement d'un empire tel que le monde n'en avait jamais connu et n'en connaîtra jamais plus.

Comment ce petit et insignifiant village de cabanes, perdu dans le Latium, a-t-il pu devenir une formidable puissance impérialiste et soumettre l'ensemble du monde connu sur trois continents ? Comment quelques miséreux paysans italiens ont pu fonder une civilisation qui continue à façonner notre vision du monde, du droit, de la politique, du pouvoir, de la citoyenneté, de l’immigration, de la guerre, du luxe, de la beauté, de l'art et de la littérature ? C'est le sujet de ce livre qui est plus qu'un simple livre d'histoire, est un livre de réflexions sur notre histoire, sur nos racines, notre culture. La civilisation romaine nous interpelle toujours à travers les siècles. L'homme du XXI° siècle n'est pas très différent du romain contemporain de Cicéron ou de Caligula. Il se pose les mêmes questions, connaît les mêmes angoisses, a les mêmes attentes, espère les mêmes réponses. Des siècles après la chute de la Ville, nous vivons encore tous à Rome. L'empire n'a pas disparu. Il est toujours d'actualité. Par exemple, les jeux électoraux au II° siècle avant JC ressemble étrangement à notre campagne présidentielle en cours. Nous ne descendons pas des Romains, nous sommes romains.

 

Voilà la conclusion que je tire de ce livre, la dernière page fermée.

 

Je n'ai pas boudé mon plaisir à dévorer ce gros pavé très agréable à lire. Mary Beard n’écrit pas l'histoire de Rome, elle la fait vivre sous nos yeux. Nous marchons avec Cicéron, nous mettons nos pas dans ceux des assassins de César et nous entrons boire un coup avec le romain « moyen » dans un bistrot de Rome ou d'ailleurs. C'est extraordinairement vivant, jamais pesant. Le livre est lourd à transporter mais sa lecture est légère.