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Je n'aime pas les psychiatres.

 

Sapientissimes et pédantisismes.

 

Je ne suis pas certain qu'ils soient des Sapiens sapiens...

 

J'en ai connu un sacré paquet dans ma longue carrière.

 

Donc je peux en parler. Je suis en terre parfaitement cartographiée.

 

Les tous premiers, vieux féodaux aux pouvoirs exorbitants, logés, nourris, chauffés, blanchis par l'établissement qui leur fournissait, parmi les malades et gratuitement bien sûr, toute la domesticité dont ils pouvaient avoir besoin. Pas belle la vie ? Ils étaient LE PATRON et quand LE patron arrivait, imbu de son autorité, gonflé d'ego comme un coq, garde à vous le petit doigt sur la couture de la blouse. Les infirmiers étaient leurs serviteurs avec tout ce que cela signifiait. Soyons clairs. Ils n'avaient pour nous, sous leurs dehors aimables, qu'un profond mépris de classe. Enfants de la bourgeoisie quand nous étions nous, enfants de la populace, de la plèbe, du bas peuple.

 

Les derniers vestiges de l'asile.

 

Mais au moins, les choses étaient claires et nettes.

 

Les temps ont changé. Mais pas les psychiatres. Ils ont juste changé de masque, d'enveloppe. Mais derrière le masque...

 

Je me rappelle.

 

Ce petit médicastre prétentieux qui se croit plus intelligent que Sartre sous le fallacieux prétexte qu'il est né dans un beau quartier de Paris et est allé dans un lycée chic de la capitale. Incapable de dresser correctement un tableau clinique, le DSM, sa bible, son catéchisme, dans la tête. Avec pour dieu, Freud le grand déconnant. Il n'a aucun respect, mais alors aucun, tant pour les patients que pour ses confrères et les infirmiers. Avec ces derniers, il joue au médecin / copain. Faux cul manipulateur. Mandarin même pas mûr, à peine descendu du berceau de l'université médicale, qui avance masqué sous un accoutrement de bourgeois bohème. Tee shit taché et pantalon froissé, tennis défoncées. Toujours mal coiffé, mal rasé. Les ongles endeuillés parce que sa chaine de vélo saute régulièrement et qu'il n'a pas le temps de se laver les mains ! Même pas propre sur lui. Je ne veux pas jouer les vieux cons, mais quand même, nous sommes en contact avec le public, avec un public bien particulier. C'est tout de même la moindre des corrections que d'être propre sur soi et de donner une image correcte de soi à des gens qui, souvent, ont une très mauvaise image d'eux-mêmes. Pour moi, ça fait aussi partie de la prise en charge. Il vote à gauche, voire extrême gauche, bien sûr, mais habite une rue friquée de la ville dans un quartier de bobos imbuvables. Sous ses airs « cools », c'est un affreux démagogue, paranoïaque, qui a un immense besoin de reconnaissance, de domination, d'admiration qui ne peut lui venir de son ego surdimensionnés d'enfant gâté. Ils nous appellent ses collègues, mais il nous méprise cordialement. Il a la science infuse, Il sait tout sur tout. Il a, que dis-je, il est la vérité absolue et transcendante. Il ne tolère aucune contradiction. La contradiction le renvoie à son intolérance à la frustration. Avec les plus jeunes il pontifie. Avec les « anciens », il n'ose pas. Il sait bien qu'ils vont le remettre à sa place. Même s'il nous considère comme de vieilles choses usées dont l'âge de la retraite le débarrassera, il nous craint, nous qui n'avons plus peur de rien. Et il tente de semer la discorde entre les vieux et les jeunes. Il ne faudrait pas que nous les déformions ! Diviser pour régner, oui, mais aussi parce qu'il considère que le savoir, la connaissance que nous avons accumulés en plusieurs décennies ne valent pas un clou. Dans notre dos, il nous appelle les asilaires. Ce qui est tout de même vexant. Et historiquement faux. Mais sa culture ne dépasse pas les feuilles des pâquerettes !

 

Voilà, à travers un exemple, le portrait rapide du psychiatre hospitalier moderne qui ne pratique pas l'art psychiatrique comme ses prédécesseurs, mais applique les préceptes d'une idéologie qui ne veut finalement plus soigner les fous et les laisse errer dans les rues et les couloirs du métro. Je les accuse de détruire la psychiatrie, de maltraiter les malades, de se faire sponsoriser par les grandes firmes pharmaceutiques, ce qui n'est pas nouveau au fond, mais de réduire leur prises en charges à une simple ordonnance et de nommer non plus la pathologie mais seulement le produit censé la guérir. Ces gens là ne guérissent personne. Ils ne soignent personne. Ils ne sont pas dans le soin, ils ne sont pas dans l'aide. Ils sont dans l'auto admiration, l'auto congratulation, l'auto satisfaction, l'auto glorification. Trop narcissiques pour avoir la moindre empathie. Grands masturbateurs de l'encéphale aux discours volontairement abscons. Et puis à force de se masturber, on s'éjacule dessus et ça laisse des traces. Donc, ça fait négligé. Surtout dans le cerveau.

 

Mais je veux terminer sur une note positive. Je ne peux pas rester sur ces images noires du psychiatre, ancien ou contemporain. Il y a une troisième catégorie que j'ai gardé pour la fin.

 

J'ai eu la chance et le bonheur de rencontrer des psychiatres dignes de ce nom et la joie, même s'ils n'étaient pas faciles tous les jours, de travailler avec eux. C'était des patrons à l'ancienne, tels que je les ai décrits. Mais reconnus et respectés comme patrons simplement parce que nous leur faisions une confiance totale, nous admirions leurs compétences. Et nous apprenions d'eux à chaque instant. Humanistes généreux, d'une culture presque encyclopédique, fins lettrés, ils savaient eux ce que la folie la signifie. Et comment l'accompagner. Au delà du champ étroit du savoir psychiatrique. Et je dois reconnaître aussi que parmi les jeunes psychiatres, il en est quelques uns qui marchent sur les traces de leurs prédécesseurs. Au grand dam de leurs confrères qui ne se privent pas de les tourner publiquement et d'une voix claironnante en ridicule.

 

Ah ! L'amour confraternel des médecins ! Il faudrait en faire des poèmes...