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Dans un style comme un tourbillon, un livre qui vous prend, qui vous tient, qui ne vous laisse même pas de respirer un tout petit peu. Un livre écrit avec les tripes, un livre de tripes. Avec des rires, avec des larmes, avec des souffrances, avec des orgasmes. Entre raison et folie, Éros et Thanatos, hyperréalisme et surréalisme, parsemé de belles trouvailles. C'est à la fois charnel et désincarné. On y avance avec l'héroïne dans une obscurité lumineuse traversée d'éclairs magnifiques et fulgurants de clarté obscure. On la suit dans toutes ses contradictions, ses ambivalences, ses ambiguïtés, ses paradoxes.

L'auteur ne tombe jamais dans le pathos, la plainte geignarde, l'apitoiement sur soi, la victimisation. Isabelle subit mais reste maître du jeu. Isabelle Mutin n'en est pas à un paradoxe près !

Et du suspense aussi. Ce livre a des allures de thriller. Comment va tourner ce jeu infernal avec un psychiatre diabolique ? (Mais les psychiatres ne sont-ils pas tous et par essence diaboliques?) Que va faire Isabelle de ses angoisses envahissantes ? Comment va-t-elle sauver ou saborder ses amours ?

Va-t-elle se saborder ou maintenir le navire à flot, un navire dont elle a parfois bien du mal à tenir la barre. Et peut être promis à un nécessaire et vital naufrage.

Une force obscure qu'elle ne maîtrise pas dirige la vie d'Isabelle. Et si elle doit s'y perdre, elle ne fuira pas. Isabelle ira au bout de son destin. Elle en accepte l'augure. Il y a aussi de la tragédie grecque dans Celsius.

 

Avec ce livre étonnant, passionnant, inquiétant, aux entrées et sorties multiples j'en ai eu, quant à moi, un orgasme littéraire prolongé. Un orgasme comme le livre, noir et lumineux.