51y9Tb1-mgL

J'y reviens. Et j'y reviendrai encore.

 

On n'aura jamais tout dit sur ce livre du vieil Érasme, l'humaniste de Rotterdam qu'il serait urgent d'inscrire au programme de littérature et de philosophie réunies. Et en latin de préférence, pour faire plaisir à madame LE ministre de l'éducation nationale et de la bêtise réunies.

 

Rédigé en latin en 1509 par Érasme à son retour d'Italie, rapidement traduit, c'est le best seller du siècle. Il reste l'œuvre son plus connue.

 

Dès les premiers mots, la couleur est annoncée : c'est la Folie qui parle. Et qui va parler tout au long des pages, nous interpellant à chaque paragraphe. Sans nous faire de cadeau quant à nos travers d'animaux raisonnables.

 

Faut-il être fou pour croire en dieu, faut-il être fout pour rechercher la vérité, poursuivre la connaissance, prétendre détenir la vérité, pour écouter les discours de tous poils, accorder tout le pouvoir à un homme et le suivre comme un maître, un chef, pour aimer autrui plus que soi-même,

 

La sagesse n'est qu'une longue errance dans une fuite en avant, dans une fuite de la vie, la perte définitive du bonheur, la décrépitude et la mort du corps et de l'esprit, la haine de soi, la détestation du plaisir. La sagesse, c'est l’aigreur, l'amertume de celui qui n'a jamais joui. La sagesse c'est l'acception de toutes les dictatures.

 

La folie c'est l'amour de la vie, la furieuse envie de la vie, la volupté de la vie, l'antidote de la vieillesse donc ipso facto de la démence sénile), le secret de l'éternelle jeunesse, le refus de la soumission à quelque pouvoir que ce soit, l'amour de soi, le goût de la jouissance. La folie, c'est le refus de toutes les tyrannies. C'est le choix du désordre contre l'ordre établi.

 

Érasme, ce vieil Érasme, est un libertaire, un être solaire convaincu qui nous invite simplement à vivre, contre dieu, contre le diable, contre les hommes. Un anarchiste voluptueux et doux, sa critique de la guerre est éloquente et sans ambiguïté, qui rejette toutes les idéologies. Il ne ménage rien ni personne dans une critique que certains diraient non politiquement correcte.

 

Alors contre :

 

les tristes sires en costumes gris, les gérontocrates avant l'heure qui nous gouvernent aujourd'hui, les technocrates de toutes obédiences, les philosophes vertueux, les artistes bien pensants et pédants, les pères et mères la morale, les grands prêtres de la raison télévisuelle, les va-t-en guerre qui ne la font jamais, les marchands du Temples pharisiens faux culs, les curés, les rabbins, les imams, les lamas même Dalaï, contre tous les sages de tous lieux et de tous temps, les promesses de bonheur éternel post mortem ou de lendemain qui chantent, contre la langue de bois qui nous enfume le cerveau, contre tout et tus ceux qui veulent nous empêcher de penser, parler agir, jouir, librement selon notre bon gré,

 

lisez, relisez L'éloge de la Folie.

 

Pour vous soigner la tête.

 

Il y a urgence.

 

Quant à moi, je l'ai toujours à portée de main. Comme d'autres ont leurs anxiolytiques et autres antidépresseurs.