Sapiens

Yuval Noah Harari nous trace en quelques cinq cents pages une brève mais complète histoire de ce très curieux animal, sapiens qui a réussi à dominer la planète, seule espèce d'hominidés à survivre parmi au moins six espèces différentes.

 

Pourtant ce singe ridicule avait bien peu de chances pour devenir le roi du monde.

 

Alors.

 

Comment et pourquoi Sapiens a bâti des empires, des religions, des nations, des droits de l'homme, les grandes idéologies, comment et pourquoi est-il devenu esclave de l'argent, des lois, de la bureaucratie, des horaires, de la consommation, des loisirs... ? Comment cela s'inscrit dans le sens de l'histoire, si tant est que l'histoire est un sens. Ce qui ne me semble pas évident ni pour moi ni pour l'auteur.

 

Des cueilleurs chasseurs aux traders de Wall Street, tout y passe sous un regard lucide et sans concession.

 

Dans notre évolution, trois étapes majeures : la révolution cognitive, la révolution agricole et la révolution scientifique.

 

Déboulonnage complet des pessimistes avec délectation, des oiseaux de malheurs, des prophètes apocalyptiques, des Cassandres du pauvre.

 

L'humanité est ce qu'elle est, point barre. Si elle n'évolue pas, au moins, elle avance. Inutile de pleurer sur son sort. Il semble bie, personnellement j'en suis convaincu, que nous n'ayons guère d'autre choix.

 

Alors, tenants fanatiques du politiquement correct, disciples de Rousseau, religieux de tous poils et de toutes obédiences, décollez-vous les paupières et plongez dans ce livre.

Il nourrira votre réflexion et vous ouvrira l'esprit.

 

Livre d'une érudition renversante, volontiers provocateur, audacieux jusqu'à la témérité, c'est une remise en cause générale de toutes nos croyances. Et ça fait du bien.

 

Mais j'insiste. Ce phénomène de livre risque de défriser les coincés du bulbe, gens de bien et autres vertueux.

 

C'est un livre marteau pilon. Tant pis pour qui reste accroché à l'enclume.

 

Morale du livre : l'humanité, après avoir bien sacagé la planète dispaîtra. Et alors ? L'univers n'en sera pas changé pour autant. Moi, je trouve cela réconfortant.